Dans une pétition adressée à notre Rédaction, les habitants du quartier de Sidi Othmane, situé dans le faubourg de Sidi Saïd (Tlemcen), non loin de la Zone industrielle de Chetouane, dénoncent l’indifférence, voire l’incurie de l’APC de Tlemcen par rapport à la crise environnementale qui empoisonne leur cadre de vie et leur vie privée depuis plusieurs semaines.

Et pour cause. Le réseau d’assainissement vétuste (égout principal représentant le collecteur de deux ruelles), datant de 1980, a fait des siennes avec ses dégâts collatéraux, à savoir le déversement des eaux usées tous azimuts. C’est le constat catastrophique que nous avons fait in situ et de visu en nous déplaçant sur les lieux. Un vieux, visiblement affecté par ce problème, nous a reçu, les larmes aux yeux : « Venez voir, la cuisine est inondée par les eaux usées et le puits est hors d’usage. Ma belle-fille a quitté la maison car elle ne pouvait plus supporter cette situation », nous dira-t-il, tout ému, sur un ton pathétique. Ce problème à la fois environnemental et domestique a surgi, il y a trois mois, selon les pétitionnaires. Ces derniers ont tiré la sonnette d’alarme vers la mi-mars 2018 en adressant successivement deux lettres aux services de l’APC de Tlemcen (en date du 17 mars 2018 et du 15 avril 2018), alors que l’ONA a saisi à ce sujet la commune en question en date du 23 mars 2018. Il faut signaler que l’intervention sur le collecteur situé dans une impasse dénivelée était entravée par la présence d’un mur « privé » barrant la ruelle. Les riverains ont dû louer une pelle mécanique (« case ») pour faire place nette. Mais ils n’étaient pas au bout de leur peine puisqu’il fallait déblayer le site en enlevant les décombres du mur. La situation est restée dans l’impasse, c’est le cas de le dire, des amas de terre dans « l’expectative » d’un côté et des eaux usées narguant les riverains de l’autre.
Lors de notre passage, dimanche 22 avril 2018, vers 11H à Sidi Othmane, nous avons trouvé trois ouvriers de l’ONA, inactifs sur le site. Ils sont là depuis quinze jours, à « patauger » dans les eaux usées sans pour autant régler le problème ; ces agents opèrent avec des outils rudimentaires (pioches, pelles). Un ouvrier s’évertuera à nous expliquer les facteurs qui entraveraient leur travail, à savoir la topographie de l’impasse (en pente), la profondeur du collecteur et l’affaissement discontinu du «monticule» adjacent. Force est de constater que le SOS des riverains lancé à l’adresse de l’APC n’a pas eu d’écho. En attendant une hypothétique intervention d’un « case » de la commune, ces derniers sont pris entre le marteau (l’incurie) de l’APC et l’enclume (la dépendance) de l’ONA. Au fait, y a-t-il une coordination et une communication entre les services de l’APC et ceux de l’ONA en la matière ? Les riverains vont-ils passer un mois de Ramadhan avec les odeurs nauséabondes qui nargueront les effluves de la hrira ? Selon le P/APC de Tlemcen Yazid Cherif Benmoussa, avec qui nous avons évoqué le problème, les services techniques sont en train d’élaborer un plan d’intervention pour rétablir la situation. n