Les 1 200 avocats inscrits barreau de Tlemcen observent, depuis dimanche 17 juin 2018, un mouvement de grève à travers les 8 tribunaux que compte la wilaya, outre la Cour de Tlemcen. Cet arrêt de travail a contraint les juridictions en question à ajourner sine die l’enrôlement des affaires.

Ce mardi, le tribunal de Remchi était pratiquement paralysé alors qu’un rassemblement des avocats devait avoir lieu au niveau de la Cour de Tlemcen à Imama (Mansourah), abritant en l’occurrence le siège du bâtonnat.

« La pression exercée sur les avocats, la liberté de la défense et l’absence de greffiers dans les guichets réservés aux avocats, notamment dans les tribunaux de Ghazaouet, Ouled Mimoun et Sebdou» sont les principaux griefs exprimés dans ce cadre, selon l’Ordre des avocats. Les avocats déplorent dans ce sillage « les conditions difficiles dans lesquelles ils exercent leur mission au niveau du tribunal administratif où la salle réservée aux affaires civiles est trop exiguë et dans laquelle il y est programmé parfois plus de quatre audiences au vu du nombre important de dossiers à traiter ». Par ailleurs, les robes noires réclament «leurs dus non payés au titre de l’assistance judiciaire de certains justiciables». Concernant les procédures judiciaires, les grévistes dénoncent «les nouvelles dispositions qui les privent de leurs droits légitimes de leur pourvoi en cassation dans les affaires pénales et d’avoir accès à tous les documents contenus dans les dossiers pénaux», non sans souligner «les lenteurs dans la délivrance des actes et jugements, provoquant d’interminables attentes». A toutes ces revendications, le bâtonnat se dit «déterminé à boycotter toutes les audiences jusqu’à satisfaction totale de leurs revendications». D’autre part, il convient de rappeler que le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Tlemcen, Maître Tahar Reguig, avait interdit tout au début de l’année écoulée, aux juristes d’utiliser les réseaux sociaux, menaçant de suspension et de mesures correctionnelles ceux qui ne respectaient pas sa décision, en signifiant qu’« il est strictement interdit à l’avocat d’utiliser son nom ou un pseudonyme sur les réseaux sociaux » et que « tout commentaire en rapport avec les avocats ou le droit sur ces sites est interdit ». Invoquant des motifs inhérents à la déontologie professionnelle, notamment l’obligation de réserve, le bâtonnier avait donné aux avocats un délai jusqu’au 5 février 2017 pour se plier à cette décision. On ignore si tous les membres du barreau ont obtempéré à cet ultimatum et cédé à cet oukase d’un autre âge.