Le métier de journaliste, en l’occurrence celui de correspondant de presse, a connu des mutations profondes avec l’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Flash-back sur l’environnement professionnel des années 1960 et 1970.

Les articles de l’époque comportaient comme « en-tête » « Dncp », une abréviation de « de notre correspondant particulier », le journal n’avait qu’un seul correspondant par ville, et les articles des journalistes professionnels étaient illustrés de photos médaillons de leur auteur. Quant aux dépêches de l’APS, elles étaient « identifiées » (date, bureau et signature du journaliste) contrairement aux articles d’agence publiés « anonymement » aujourd’hui. On comprend aisément la double frustration du journaliste « effacé », outre le fait qu’il ne peut « tâter » « son » propre journal en vertu du « fil ». Pour le mode d’envoi des papiers, le correspondant utilisait l’enveloppe dite hors sac, courrier para-postal expédié par autocar et récupéré à l’arrivée par le journal, et/ou le téléphone, dictée verbale de l’article retranscrite simultanément à la main ou au sténographe au niveau de la rédaction. Les journalistes du bureau de l’APS recouraient eux aussi à la fastidieuse communication téléphonique avant de disposer du télex. L’avènement de la télécopie (fax) puis de l’Internet (courrier électronique) a facilité amplement le travail de la presse locale en l’occurrence. Une tâche médiatique favorisée davantage par l’apport de la téléphonie mobile (3G et 4G). A ce titre, le correspondant de chaîne de télévision n’est pas en reste puisqu’il « signe » en solo son envoi (reportage ou compte-rendu) après une opération de montage à domicile par les grâces de l’Internet. Son jeune collègue professionnel (reporter) se permet même le luxe, via une antenne spéciale portée en bandoulière et sa Béta Cam, de retransmettre en direct un évènement qu’il couvre pour le compte de sa chaîne. Le recours au car reportage et le transfert par voie terrestre de la cassette, version RTA, sont pratiquement révolues, voire anachroniques. Le localier est gâté en matière d’informations ; il a le loisir de puiser dans une profusion de sites sans compter l’abondance de matières que procurent les réseaux sociaux, à charge pour lui d’en vérifier l’authenticité et la crédibilité en procédant dans ce sens à des recoupements. D’où le risque du « copier-coller » (plagiat). Dans ce sillage, le journaliste ou le correspondant reçoit aujourd’hui des invitations par e-mail, SMS ou Facebook pour couvrir un évènement ; des communiqués émanant de diverses institutions lui parviennent par courriel qu’il télécharge pour les exploiter, en l’occurrence la CCRP, la CCI, la DPRH, la DSP, la DSA, le MDN, la DRDT… Par rapport aux journaux, l’information est mise en ligne et donc lue avant sa publication, abstraction faite des sites électroniques. A l’instar des défuntes versions dites du soir (postdatées) comme Le Soir d’Algérie, Horizons 2000… Il faut souligner que La Tribune fut le premier journal post multipartisme à avoir une version électronique. Par ailleurs, certains correspondants possèdent même leur propre « journal » interactif (blog) ou un compte Facebook, au lieu et place du défunt press book (montre documents où étaient insérés les articles publiés). D’autres mettent en ligne leur produit audiovisuel sur Youtube. La radio locale de Bel Horizon, qu’on écoutait via un vieux poste transistor, est aujourd’hui captée sur Internet, Iphone ou la TV satellite sous sa version numérique (Tlemcen FM = 94.7 / 100.4 / 105.1). Dans ce contexte, des sites d’information (TSA, DIA, Algérie Focus, Algériepart, Algerie1, lematindz, Huffpost…), ou d’annonces (oued kniss, affairesdz, algerieannonce…) et des journaux électroniques sont nés à la faveur de cette révolution numérique, cohabitant sans complexe (de supériorité) avec les tabloïds (éditions papier). Le journalisme via Internet dit cyber journalisme, a, aujourd’hui, droit de cité dans le monde de la presse. Ce néologisme (nouveau concept) est composé du préfixe « cyber », contraction de cybernétique qui renvoie au monde virtuel du réseau mondial de l’Internet, et de « journalisme », qui est le métier d’informer. C’est une nouvelle forme d’exercice du journalisme qui se développe rapidement à travers le monde mais qu’il est difficile encore de définir avec des contours précis et dans toutes ses dimensions. La raison est qu’il n’y a pas de frontières réelles entre le journalisme traditionnel et celui qui s’exerce sur Internet, si l’on en croit Belkacemi Mohand Saïd, ancien journaliste à l’APS, auteur du « Guide du cyber journaliste », qui précise que la différence première du cyber journalisme avec le journalisme traditionnel se situe, au niveau du support qui permet leur exercice.