En marge de la célébration de la Journée mondiale de la Protection civile, la DGPC, sous la houlette du colonel Belkacem Brahimi et supervisée par le capitaine Djamila Aboudi, chargée
de la communication, a organisé ce lundi 2 mars 2020, au niveau du parking de la maison
de la culture Abdelkader-Alloula, un exercice de simulation dans le cadre d’un plan d’urgence et d’intervention enclenché suite à une alerte (via le numéro 10-21) de contamination
(ou suspicion) au virus Covid-19 appelé désormais et communément Corona.

L’avant-goût est donné à travers un stand technique, version portes ouvertes (matériel, équipements, produits), matérialisé par un mannequin arborant une combinaison de protection blanche immaculée, animé par le Dr Sidi Mohamed Taleb qui expliquera par la suite «extra muros» les différents gestes des secouristes lors de cet «manœuvre» sanitaire. Le scénario met en action deux ambulances médicalisées, huit urgentistes de la Protection civile équipés à cet effet avec tenue d’approche comportant combinaison adaptée, lunettes, gants, masque, ballerines, thermomètre à infrarouge, défibrillateur automatique dit DAS, appareil multiparamétrique, civière, «sac de couchage» en aluminium. La scène dramatisée est jouée par un chauffeur de taxi, auteur de l’appel alarmiste, et trois passagers dont un a priori atteint, ciblé à travers les symptômes qu’il présente. Il est pris en charge avant d’être évacué par une ambulance alors que les deux autres, tombant sous le coup de la suspicion, sont également «embarqués» dans une autre ambulance, toutes sirènes hurlantes. La sortie est bloquée par un 4×4 imperturbable du cortège officiel du wali qui assistait à l’exercice, accompagné des autorités civiles et militaires, obligeant les ambulances à manœuvrer. Destination «fictive», l’EPSP flambant neuf de Remchi. Le volet 2 du scénario, à savoir l’admission des malades en question, n’était pas prévu dans ce cadre, la DSP n’ayant pas été sollicitée pour ce faire du fait du programme réservé exclusivement aux activités de la Protection civile. N’aurait-il pas été opportun, voire judicieux, de «simuler» l’évacuation vers le Mechouar (ancien hôpital militaire colonial) situé juste en face de la MCT, où on aurait planté à cet effet un chapiteau «blanc» destiné à l’hospitalisation. Il faut savoir que c’est l’hôpital de Remchi, qui a été choisi pour abriter le centre de référence en cas d’apparition du virus, est situé à quelques encablures de l’aéroport international Messali-Hadj de Zenata, selon la directrice de la santé de la wilaya de Tlemcen Mme Nabila Alili. Une aile avec 9 lits relevant de cette structure hospitalière sera destinée à la mise en quarantaine. A ce titre, deux autres options, à savoir le Centre des insuffisants respiratoires (CIR) des Petits Perdreaux (Lalla Setti) et le Centre anti cancer (CAC) de Chetouane seront écartés car ne répondant pas aux normes d’isolement, de disponibilité des fluides…, selon la même source qui indiquera qu’une séance de travail sous le sceau de l’urgence sera tenue incessamment par le wali avec les parties concernées par ce problème de santé publique. Dans ce sillage, la DSP a apporté un démenti formel quant à l’apparition de cas de corona à Tlemcen ; il s’agit de grippes saisonnières carabinées qui sont traitées comme telles au niveau du CHUT. Dans le même ordre d’idées, le prétendu «confinement» au port de Ghazaouet, d’une cargaison de raisins «contaminée» en provenance d’Italie n’est que pure «intox», selon le directeur régional des Douanes de Tlemcen, Chafik Dahmani. Il nous confirmera qu’il s’agit simplement d’une interception sanitaire routinière opérée par les services de la DSP qui ont procédé au «retour à l’envoyeur» de la marchandise en question (l’équivalent du quart d’un conteneur) déclarée «impropre à la consommation». Dans ce contexte, un dispositif de prévention contre le Corona (staff médical, caméra thermique) est mis en place au niveau du port et de la gare maritime de Ghazaouet, selon ce responsable. Des mesures similaires sont prises au niveau de l’aéroport, croit-on savoir. Dans son allocution de circonstance dans la salle de conférence de la MCT, l’officier de la Protection civile parlera des accidents et des risques majeurs, sans pour autant évoquer les épidémies. Au fait, peut-on classer ces dernières dans la rubrique «risques majeurs» ? L’armée des «Secouristes volontaires de proximité» (SVP) qui assistaient à cette journée corporatiste à laquelle est dédié le slogan «Un secouriste pour chaque foyer» sera-t-elle impliquée le cas échéant dans ce plan d’action Orsec, version corona ? Par ailleurs, signalons la disponibilité en pharmacie des bavettes (50 DA) et des masques médicaux (100 DA). Quant à leur port, c’est une question de culture préventive autant que les gestes simples d’hygiène comme se laver les mains avec de l’eau ou les désinfecter avec de l’alcool ou un gel pharmaceutique, utiliser un mouchoir ou se couvrir la bouche ou le nez avec son bras si on tousse ou on éternue… Enfin, il faut savoir que la contamination par le virus covid-19 se manifeste par plusieurs symptômes dont la fièvre, des maux de tête, fatigue, frissons, sueurs, courbatures, une gêne respiratoire. Le temps d’incubation est estimé entre 2 et 14 jours (7 jours en moyenne) alors que le mode de transmission est par voie aérienne, au contact de sécrétion ou d’objet contaminé. L’infection peut entraîner une pneumonie, le syndrome respiratoire aigu sévère, une insuffisance rénale, voire la mort.