De Tlemcen, Linda Benrrahal
Il s’agit d’une occasion pour les participants de souligner l’importance et la grandeur de cet art, considéré comme le miroir de la culture arabo-musulmane.
Le coup d’envoi de la quatrième édition des Nuits de la calligraphie et du manuscrit a été donné lundi soir depuis le musée de Sidi-Belahcène par les responsables de la culture. Cette manifestation, inscrite dans le cadre du Mois du patrimoine, s’étalera jusqu’au 6 mai prochain. Organisée par le musée public national de la calligraphie islamique de la wilaya, cette édition sera marquée par de nombreuses conférences liées à l’histoire de la calligraphie, notamment maghrébine qui s’est répandue au Maghreb arabe et en Andalousie, puisque, selon les historiens, «la calligraphie reconstruit l’écrit, tout en lui donnant une autre dimension et la civilisation andalou-maghrébine s’est distinguée par une variété de mosaïques qui a donné plus de design à la calligraphie». En effet, le monde de ce bel art, a-t-on souligné, se distingue par plusieurs aspects dont notamment l’écriture d’un style gracieux et orné, ainsi que par l’importance soutenue au geste des peintres.
Le programme comporte entre autres l’histoire de la khizana El Kassimia de la zaouia d’El-Hamel et son répertoire de manuscrits, la réalité du manuscrit en Algérie en milieu urbain et dans les ksour sahraouis ainsi que l’esthétique de la calligraphie du naskh dans le livre du saint du Coran. Il s’agit d’un carrefour des artistes de la calligraphie arabe en vue d’échanger les expériences, la découverte d’autres styles et techniques… Les calligraphes algériens, selon les organisateurs de cet événement, affichent toujours le même engouement pour cet art qu’ils espèrent voir se développer davantage en Algérie.
Pour information, il est important de rappeler qu’au début du XXe siècle, les frères Racim, Mohamed (miniaturiste) et Omar (enlumineur) se sont imposés comme les maîtres du genre. D’autres noms se sont distingués comme Mohamed Saïd Cherifi, enseignant de cette discipline à l’Ecole supérieure des beaux-arts. La peinture moderne et contemporaine algérienne a eu, et a encore, recours à la calligraphie arabe, à l’image de Mohamed Khadda, Rachid Koraïchi ou, au sein de la nouvelle génération, Hamza Bounoua.
Les différents participants à cette édition de calligraphie ont rappelé que la calligraphie arabe est née dans un environnement arabe strict, et a évolué parallèlement à l’Islam, enregistrant un développement et de grandes avancées… Une politique s’impose cependant pour préserver ce patrimoine.