En l’espace d’une semaine, et à la faveur du Hirak, des habitants de Chetouane bloquent le siège de l’APC pour dénoncer la gestion mafieuse des affaires de cette commune du Grand-Tlemcen située à quelques encablures du chef-lieu de wilaya. Un premier sit-in a été observé le 18 février dernier en guise de coup de semonce citoyen. Ce mardi 25 février 2020, la tension est montée d’un cran.

Brandissant des banderoles revendicatives et scandant des slogans anti-P/APC, les protestataires ont investi l’APC où ils ont mis sur la table leurs griefs portant sur leur exclusion du logement social et l’habitat rural, notamment. Comme ils ont dénoncé la dilapidation du foncier qui gangrène le territoire de la commune. Rappelons dans ce contexte que le terrain de football, servant occasionnellement de point de vente pour l’Aïd el Adha et les foires commerciales, a « muté » en lotissements dédiés à l’habitat privé. De ce fait, les adeptes de la balle ronde squattent le terrain de sport du CEM Imam-Malek-Ibn Anas. Des villas naissent comme des champignons dans le périmètre de la source de Aïn Sefra, défigurant ce site bucolique, jadis lieu de détente et de loisirs des autochtones de l’ex-Négrier. Quant à la boîte de Pandore, nommée zone industrielle, elle n’a pas encore livré tous ses « dossiers ». A noter que les protestataires n’ont pu prendre langue avec le
P/APC inscrit aux abonnés absents. Devant ce mépris et cette fuite en avant de l’élu, les protestataires devaient se rendre au siège de la wilaya pour demander audience au nouveau wali Amoumène Mermouri. Il faut souligner que la gestion en matière de foncier au niveau de Chetouane, entre autres, était mise à l’index par l’ex-wali de Tlemcen qui s’était exprimé sur le sujet à l’occasion d’un point de presse à la radio locale. Cependant, aucune sanction n’a été prise dans ce sens à l’encontre du
P/APC en question, en l’occurrence Mohammed Saïdi, tout autant pour les autres P/APC impliqués avec la maffia du foncier. Laxisme et prévarication qui lui ont valu son limogeage dernièrement. A ce propos, d’aucuns se demandent comment ce P/APC d’obédience FLN, qui en est à son 3e mandat à la tête de cette commune «urbaine», jouit toujours d’une impunité inébranlable, échappant ainsi au «mendjel» de la justice. Force est de constater que l’ombre du parapluie de la «Issaba» ne s’est pas encore dissipée complètement du paysage de la corruption, du trafic d’influence et du clientélisme. n