Quelque 156 cas de violences corporelles et sexuelles et 206 cas victimes des violences du conjoint ont été enregistrés au niveau de la wilaya de Tlemcen, notamment le chef-lieu, selon la DAS.

En cas de plainte de la victime, la police enclenche une procédure de réquisition en vue d’un examen médicolégal sanctionné par un certificat médical initial dit de constatation de coups et blessures volontaires (CBV) permettant des suites judiciaires dans ce sens, selon Mme Souhila Laribi, maître assistante auprès du service de médecine légale du CHUT Dr Tidjani-Damerdji de Tlemcen. Ledit service a enregistré 800 cas de CBV sur femmes. Il faut savoir à ce titre que si l’incapacité physique provisoire (IPP) dépasse 15 jours, signifie que les CBV constituent un délit passible de 3 à 6 mois de prison, quant à l’incapacité totale de travail (ITT) suite à une séquelle (perte d’un organe ou la fonction d’un organe), son établissement permet de qualifier l’affaire qui est stipulée par l’article 264 du code pénal. A titre d’exemple, la perte d’un œil est évaluée à 30% d’ITT. Ce dernier certificat sert, faut-il le souligner, à faire valoir le divorce. A noter qu’un médecin assermenté est habilité à délivrer ce genre de certificat (IPP et ITT) sous réserves de l’appréciation discrétionnaire du magistrat. Ce phénomène social prend de l’ampleur et transcende tout statut social ou autre considération intellectuelle, -une infirmière et une pharmacienne en ont fait les frais, selon Mme Guebriche, psychologue clinicienne auprès du SML. Quant aux causes, elles sont liées à des troubles psychiques (toxicomanie) ou comportementaux (complexe de persécution), en soulignant que la violence contre les femmes revêt un caractère transgénérationnel (syndrome de reproduction de l’acte subi pendant l’enfance). Souvent, la loi du silence s’impose pour cause d’obligation de réserve quand il s’agit d’une policière ou d’une femme juge violentées par leur époux. Avant, c’était la tranche d’âge des 30-40 ans qui venait déposer plainte contre le mari, mais aujourd’hui, la tendance a changé à telle enseigne que ce sont les jeunes filles ou femmes, âgées entre 18 et 25 ans, qui décident de trainer leur… père ou frère devant la justice.

Deux cas d’hommes battus

Quid des hommes battus par leurs femmes ? Deux cas auraient été enregistrés par ce service. Dans ce sillage, les services de la police judiciaire de la Sûreté de wilaya ont eu à traiter 118 cas de violences sur femmes dont 54 CBV, 22 viols et 39 cas de maltraitances alors qu’au courant d’un mois, il a été enregistré 9 CBV et 9 violences sexuelles. Il faut signaler dans ce contexte l’existence d’un centre d’hébergement des femmes victimes de violences conjugales et familiales situé à Hennaya. La particularité de cet établissement, c’est d’apporter encore un peu de joie aux femmes victimes de violences et de s’occuper d’elles de la meilleure des manières. Nous voulons mettre en place un groupe de personnes qui aiont envie de se porter volontaires pour aider les femmes victimes de violence qui sont dans l’isolement et apporter du baume au cœur de cette catégorie vulnérable, tel est le vœu du DAS. Il faut mentionner dans ce contexte que la violence conjugale concerne tous les milieux sociaux et toutes les tranches d’âge. Selon une source de la justice, la violence conjugale sous diverses formes a pris des proportions alarmantes ces dernières années, et des homicides de toutes natures ont été enregistrés devant les tribunaux. Les agresseurs (époux, compagnons…) recourent parfois même à l’arme blanche ou au feu. Dans de nombreux cas, la présence de substances (alcool, stupéfiants, médicaments psychotropes) susceptibles d’altérer le discernement de l’auteur ou de la victime au moment des faits a été constatée, selon un magistrat. Soulignons dans ce sillage, que parallèlement au travail du centre de protection des filles en danger moral de Birouana active une association socioéducative dénommée Besma El Amel, créée à l’initiative des employés dudit centre spécialisé.