Quarante femmes ont subi toutes formes de violences, physique, verbale, sexuelle, psychologique et économique, au niveau de la wilaya  de Tizi-Ouzou.

Ce chiffre révélé par la direction locale de l’Action sociale et de la solidarité (DASS) ne reflète cependant pas la réalité. Certaines femmes ont osé dénoncer cet acte inhumain dont elles sont victimes, mais d’autres préfèrent prendre leur mal en silence pour des considérations sociales, familiales ou autres.
Malgré le travail de sensibilisation mené par les pouvoirs publics pour lutter contre la violence à l’égard des femmes, ce fléau demeure et persiste au sein de la société algérienne. Pour preuve. 20 femmes ont été victimes de violences physiques et 20 autres ont subi une violence psychologique. Ajouter à cela, celles qui sont victimes de violence sexuelle (viols, incestes, transmission du sida) dont le nombre n’est pas communiqué par les services de la DASS. Pis encore, la femme est aujourd’hui victime d’un nouveau type de violence.
Il s’agit de la violence économique où il est interdit à la femme par son conjoint ou par son frère de toucher à son salaire mensuel, a dénoncé, Fazia Laziz, cadre au niveau de la direction de l’Action sociale et de la solidarité de la wilaya de Tizi-Ouzou. Pour cela, une cellule d’écoute et d’orientation a été installée au niveau de leur direction ouverte tous les jours de semaine de 08H à 16H et dont l’objectif est de mettre à la disposition de ces femmes en détresse un dispositif d’accueil et d’accompagnement très efficient.
« Notre objectif est la prise en charge psychologique et matérielle de ces femmes et leur insertion au sein de leurs familles. Nous faisons le rôle de la médiation familiale », a-t-elle dit. Ainsi, elle a indiqué qu’une équipe pluridisciplinaire composée d’assistants, de médecins et de psychologues est à leur écoute pour les orienter sur la démarche qu’elles devront entreprendre pour surmonter leur détresse. Un numéro vert est mis à leur disposition 15 27. Quant au versement des pensions alimentaires pour les enfants qui sont à leur charge, Laziz a indiqué que si le conjoint n’a donné aucun signe de vie, la DASS vient au secours de ces femmes pour le paiement des pensions alimentaires. « On vient au secours de ces femmes pour les prendre en charge, mais aussi pour protéger leur progéniture des fléaux sociaux notamment la mendicité, le banditisme, la drogue… »

Un programme varié
La même interlocutrice a mis en garde sur la prolifération du phénomène de la violence au niveau local. Pour y remédier, des campagnes de sensibilisation sont programmées dans différentes localités de la région dont le coup d’envoi a été lancé mercredi dernier et s’étaleront jusqu’au 10 décembre prochain. Une initiative qui entre dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la lutte contre la violence à l’égard des femmes qui coïncide avec le 25 novembre de chaque année.
Organisées par les cellules de proximité de la solidarité de la wilaya, ces campagnes ont pour objectif de sensibiliser la population locale sur les séquelles psychologiques et morales engendrées par cette violence et son impact sur la destruction familiale. Ainsi, une journée d’étude sur la violence contre la femme sera organisée ce dimanche à la Maison de la culture Mouloud-Mammeri sous le thème « Ecoutez-moi aussi, mettre un terme à la violence à l’égard de la femme et de la fille » et ce, en collaboration avec les différents partenaires en l’occurrence la Direction des affaires religieuses, la police, la gendarmerie, le service de la médecine légale du CHU et la cellule d’écoute de l’Odej.