Un vibrant hommage a été rendu, avant-hier, à l’écrivaine Djouher Amhis par la Direction de la culture de Tizi-Ouzou à l’occasion de la Journée mondiale du livre et des droits d’auteurs qui coïncide avec le 23 avril de chaque année.

Plusieurs activités ont été organisées au niveau de la bibliothèque principale de lecture publique en l’honneur de cette femme de culture qui a tant donné à la culture algérienne, en général, et à la promotion de tamazight, en particulier. Cette initiative, qui intervient avec la clôture du programme de la commémoration du 38e anniversaire du Printemps amazigh, a vu la présence de plusieurs personnalités de la scène culturelle. Lors de son intervention, la directrice de la culture, Nabila Goumeziane, est revenue sur le parcours «exemplaire» de cette grande personnalité du monde de la culture qu’est Djouher Amhis et sa contribution à la promotion littéraire de tamazight. Elle a consacré une part importante de son travail à faire connaître la culture amazighe, notamment la poésie kabyle. Le travail, dira-t-elle, accompli par Mme Amhis mérite considération et consécration. Pour sa part, Djouher Amhis n’a pas manqué d’exprimer sa joie quant à l’hommage qui lui a été rendu dans la capitale du Djurdjura. Un hommage qu’elle a dédié non pas à sa personne, mais à la culture algérienne. «Je suis très contente de cet hommage qui a été rendu non pas à moi, mais plutôt à la culture algérienne.» L’écrivaine s’est engagée à travailler davantage pour la langue et la culture amazighes, et ce, malgré son âge avancé. Selon elle, un peuple qui n’a pas de culture est un peuple qui n’aura jamais de repères, puisque «la culture, c’est ce qui fait vivre», a-t-elle dit. Lors de sa conférence de presse, le professeur Dourari  Abderrazak, directeur du centre de réaménagement de la langue amazighe, est revenu sur l’œuvre de Mme Amhis. «C’est une femme qui a travaillé pour le développement et la revalorisation de tamazight. J’ai travaillé avec elle au niveau du Centre culturel du livre depuis une douzaine d’années et c’est une fierté d’avoir de telles femmes dans notre Algérie.»
Abordant le sujet de l’officialisation de tamazight en tant que langue officielle, notamment après les dernières décisions du président de République, à savoir l’officialisation d’Yennayer comme fête nationale et la création d’une académie pour la langue amazighe, le même conférencier a affirmé que beaucoup reste à faire pour améliorer la qualité littéraire de cette langue, tout en étant optimiste sur cette question, notamment avec la mise en place de l’académie dédiée à cette langue.