Jusqu’à hier, et ce, depuis le mois de mai dernier, ce sont sept églises affiliées à l’Eglise protestante d’Algérie (EPA) qui ont été fermées sur ordre du wali, au motif du non-respect de l’ordonnance N° 06-06 du 28 février 2006 fixant les conditions et les règles d’exercice des cultes autres que musulman. Après la fermeture d’une église et d’une école biblique à Boudjima, au mois de mai dernier, c’est au tour de celles de Tigzirt, Ouaguenoun, Makouda, Boughni et Tizi Ouzou, d’être touchées par l’ordre de fermeture énoncé par le chef de l’Exécutif de wilaya, Mohamed Djema, qui a requis la force publique pour apposer des scellés sur les portes de ces édifices. Hier et avant-hier, deux des plus grands établissements culturels de la wilaya affiliés à l’EPA ont été investis par les forces de police qui ont procédé à l’évacuation des fidèles et à la fermeture des portes de ces lieux de prière. Salah Challah, pasteur de l’église dite de La Porte ouverte, située à la Nouvelle ville de Tizi Ouzou, et président de l’EPA (association agréée, Ndlr) déplore la violence policière exercée contre les membres de la communauté lors de l’évacuation de l’église et de sa fermeture. Salah Challah dit ne pas comprendre les motivations de l’administration. « Il appartient à l’administration de nous expliquer les raisons de la fermeture de ces lieux du culte qui sont aménagés dans le respect des normes de sécurité et d’hygiène requises par la loi », expliquant que la pratique du culte chrétien par ces communautés religieuses n’ont jamais constitué une menace pour l’ordre public. Salah Challah, pasteur de l’église de la Porte ouverte de Tizi Ouzou, regrette l’absence de volonté politique de la part des autorités qui ont érigé une loi qui n’a pas mis fin à une situation de déni des libertés individuelles.
« La commission mise en place au niveau du ministère des Affaires religieuses, pour donner des autorisations d’exercer les cultes autres que musulman, ne s’est jamais réunie depuis sa mise en place en 2007, suite à la promulgation de l’Ordonnance présidentielle du 28 février 2006. Cela fait donc 13 ans et aucune autorisation n’a été délivrée », s’étonne le président de l’EPA. N’éloignant pas une volonté de mise à l’index de la Kabylie, Salah Chalah s’interroge sur le choix « du moment sensible que vit l’Algérie pour cibler les églises protestantes situées dans cette région ».