Le prélèvement d’organes à partir de morts encéphaliques (cadavres) reste une activité marginale et peu développée en Algérie. Un retard encore une fois déploré lors de la journée d’information sur la transplantation d’organes à partir de cadavres, organisée par la Direction de la santé et de la population de la wilaya, samedi dernier, au théâtre Kateb-Yacine, en collaboration avec l’Agence nationale des greffes (ANG) et l’Association algérienne du don d’organes, de tissus et de cellules pour la transplantation (Biloba).

On estime, en Algérie, à 22 000 le nombre d’insuffisants rénaux en phase terminale, donc en attente d’être greffés. Le chiffre a été révélé par le chef du projet du développement des greffes et de l’appui à l’ANG, le Dr R. Kraïb : « Aucune liste d’attente officielle n’a été établie à ce jour. L’objectif est d’arriver, d’ici les deux prochaines années, à au moins 500 greffes rénales à partir du donneur vivant. Mais entre-temps, il faut lancer l’activité de transplantation à partir de mort encéphalique, d’où l’intérêt de cette journée nationale d’aujourd’hui. » Il faut savoir, a-t-on révélé, lors de cette rencontre, que seulement 6 transplantations ont été réalisées à partir de morts encéphaliques dont 2, en 2002, à Constantine, 2 autres à Blida, réalisées en 2010 et 2011. Actuellement en Algérie, il y a 14 centres autorisés à prélever et greffer, dont le CHU de Tizi Ouzou. La greffe de rein à partir du donneur vivant et greffe de cornée à partir d’une cornée importée. Ce centre réalise 250 greffes de rein par année. La greffe hépatique à partir du donneur vivant a été entamée au Centre Marie-Curie, le Centre anticancer de Batna, qui fait lui aussi de la greffe hépatique. A eux seuls, les deux centres ont réalisé 7 greffes hépatiques en 2017. Pour l’année 2018, environ 59 greffes de rein ont été réalisées, 25 à l’Est, 7 à l’Ouest 20 au Centre dont 7 à Tizi Ouzou. Rappelons que, lors de la journée d’information organisée par la Direction de la santé et de la population de Tizi Ouzou, décision a été prise de mettre en place prochainement une coordination hospitalière de prélèvement. Cette coordination sera composée d’anesthésistes, du service des urgences qui interviendront en cas de mort cérébrale de victime dans un bloc opératoire. Il a été envisagé, en outre, d’ouvrir prochainement un bureau de l’Association algérienne du don d’organes, de tissus et de cellules pour la transplantation (Biloba) à Tizi Ouzou qui sera présidé par l’ophtalmologue Belkacemi de l’Unité de Belloua de Tizi Ouzou. Il aura pour mission de sensibiliser la société qu’il est aussi possible dans certains cas de donner ses organes après sa mort, un acte qui n’est pas évident et facile pour la famille qui vient de perdre l’un de ses membres.