Le prix Mohia, récompensant la meilleure dramaturgie en tamazighit, qui devait se tenir au mois d’avril prochain, a été reporté à une date ultérieure. Il en est de même pour la 18e édition du Festival culturel national annuel du film amazigh (FCNAFA) dont la tenue était fixée initialement au mois d’avril 2020.

Ce festival met le projecteur sur des films documentaires ou de fiction d’expression amazighe. Le meilleur film est récompensé par l’Olivier d’or. L’annulation de ces deux événements culturels rentre dans le cadre des mesures de précaution prises par les pouvoirs publics pour prévenir contre le risque de propagation du coronavirus. Conformément aux mêmes instructions, toutes les activités culturelles et artistiques organisées par le secteur de la culture sont gelées et reportées à une date ultérieure. Ainsi, le délai pour le dépôt des textes du prix Mohia d’or de la meilleure dramaturgie en tamazight, initialement prévu pour le 27 mars 2020, est prolongé jusqu’au au 15 octobre 2020. Le prix Mohia d’or a été instauré en 2014 par la direction de la culture en collaboration avec l’Assemblée populaire de wilaya de Tizi Ouzou et le Théâtre régional Kateb-Yacine, il a été institué prix national en 2018 par le ministère de la Culture pour permettre «la promotion de la pratique théâtrale et l’encouragement des jeunes à la création artistique et à l’écriture dramatique en tamazight». Le concours est ouvert à tous les auteurs dramatiques en langue tamazight au niveau national, et qui récompensera un seul texte dont les modalités sont définies par le règlement intérieur du concours que les participants peuvent retirer auprès des organisateurs. A cet effet, une commission de lecture préalable a été instituée pour la sélection des textes répondant aux conditions techniques et graphiques du texte et un jury constitué de dramaturges, metteurs en scène, scénographes et universitaires spécialisés dans la littérature la linguistique et le théâtre amazigh pour le choix du lauréat du prix. Ce prix est doté d’une récompense financière de 500 000 DA pour le lauréat et une autre de 100 000 DA qui sera décerné en guise de soutien à l’écriture en tamazight, que «l’auteur de l’œuvre primée s’engage à céder l’exclusivité de son texte pour une durée de 5 années pour d’éventuelles exploitations théâtrales». Mathématicien de formation, Mohia, de son vrai nom Abdellah Mohia, est poète, comédien de théâtre, auteur et adaptateur de plusieurs oeuvres dramaturgiques du registre universel. On lui doit, notamment, la traduction en kabyle de «la Jarrae» de l’Italien Luigi Perandello, «Tartuffe» de Molière, «le Ressuscité» du Chinois Lu Sin ainsi que la célèbre dramaturgie de l’Américain Samuel Bekett, «En attendant Godot». n