Au total, 19 180 victimes de violences se sont rendues pour consultations au service de Médecine légale du Centre hospitalo-universitaire (CHU) Nedir-Mohamed de Tizi Ouzou, entre 2009 et 2016 , a indiqué samedi le chef de service.
Intervenant à l’occasion du 6e Congrès national de psychiatrie abrité par l’Etablissement hospitalier spécialisé (EHS) Fernane-Hanafi de Oued Aïssi, le Pr Brahim Boulassel, a observé, en se basant sur les conclusions d’une étude rétrospective réalisée au niveau de son service sur la prévalence de la violence, que le nombre de consultants a «progressé très rapidement». Sur ces 19 180 consultants, pas moins de 14 393, dont 10 542 victimes de sexe masculin et 3 851 de sexe féminin, sont des victimes de coups et blessures volontaires. Ce qui représente 75% des cas. Les coups et blessures involontaires représentent 3 883 cas (soit 20% des victimes) et la violence sexuelle 199 cas (soit 1 %), les 4% restant représentent d’autres formes de violences, a révélé la même étude.
S’agissant des motifs ayant entraîné des coups et blessures volontaires, les problèmes de voisinage arrivent en tête avec 2 939 victimes, suivis par la provocation verbale avec 2 615 cas, les problèmes familiaux avec 1 971 victimes, le vol avec 1 928 victimes et les problèmes de circulation et de stationnement avec 1 026 cas. Le reste des cas est lié à des agressions en état d’ivresse, à des problèmes de travail, de justice, d’argent, scolaires et autres, a-t-il indiqué.
Les consultations effectuées sur les victimes des coups et blessures volontaires ont relevé que 393 cas présentaient des plaies graves, 373 des fractures et 50 autres des brûlures. Les autres victimes présentaient des contusions ou des plaies simples ou aucune blessure, selon la même étude.
Concernant le statut social de ces victimes, les sans-profession sont les plus touchés par ce phénomène, victimes avec 1 850 cas, suivent les fonctionnaires avec 286 puis, les élèves avec 182 cas, le reste étant partagé entre différentes professions. Le Pr Boualassel a signalé que les statistiques et les données épidémiologiques «ne reflètent en rien la réalité» et qu’il est donc «difficile de chiffrer l’ampleur de ce phénomène car des milliers de victimes vivent cette situation dans le silence».
Pour tenter de réduire ce phénomène, il a recommandé de renforcer le système éducatif, la sensibilisation des citoyens à l’importance de l’écoute et de la communication, et l’installation d’un réseau d’intervenants impliqués dans la prise en charge des victimes de violences.