Le nombre de malades atteints du diabète augmente d’une année à l’autre dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Près de 18 000 diabétiques sont adhérents à l’Association des diabétiques de la wilaya, sans compter les malades non-adhérents dont le nombre n’a pas été communiqué par les autorités concernées.

Pis encore, le mouvement associatif tire la sonnette d’alarme quant à la prise en charge de cette catégorie, notamment les enfants diabétiques qui sont livrés à eux-mêmes, et à l’absence d’une politique efficiente d’égalité qui leur permettront de bénéficier d’un climat favorable pour leur insertion dans la société au même titre que leurs camarades en bonne santé. C’est la thématique qui a été débattue lors d’un séminaire organisé, avant-hier, au niveau du centre de loisirs scientifiques (CLS) de la ville de Tizi-Ouzou, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale du diabète. Plusieurs activités scientifiques, éducatives et culturelles étaient au rendez-vous pour satisfaire les enfants diabétiques qui étaient venus nombreux accompagnés de leurs parents. Contrairement aux enfants qui ont accepté leur pathologie, les parents quant à eux ont du mal à accepter que leurs enfants soient atteints d’un diabète (type1 ou bien 2). «C’est un véritable cauchemar que j’ai vécu, je n’arrive pas à imaginer que ma fille était atteinte d’un diabète type2. C’est très difficile pour moi. Je me souviens quand son pédiatre m’a annoncé cette nouvelle, en arrivant à la maison je n’arrivais pas à fermer l’oeil toute la nuit», lance Samira, mère d’une fille diabétique rencontrée au niveau du CLS. Idem pour Malek, un quadragénaire, père d’un garçon diabétique. Il nous a raconté le parcours d’un papa qui assume sa responsabilité paternelle avec bravoure. «Certes, au début, c’était très difficile de savoir que mon fils était diabétique. Nous avons fait un parcours de combattant sa maman et moi, mais, aujourd’hui, nous acceptons sa pathologie et ce, grâce aux séances psychologiques auxquelles nous avons assisté et grâce à l’entraide de notre entourage familial». Dans le même sillage, le président de l’Association des diabétiques de la wilaya de Tizi-Ouzou, Mohand Dahmar, a insisté sur l’organisation de séances psychologiques périodiques au profit des parents d’enfants diabétiques pour les encourager à surmonter la maladie de leur progéniture. Par ailleurs, le même interlocuteur a déploré le manque de moyens de base et de subventions par les autorités locales pour la prise en charge efficiente de ces enfants diabétiques. «Nous avons besoin d’enveloppes budgétaires conséquentes pour la prise en charge de ces enfants, mais aussi pour l’organisation des évènements qui leur seront dédiés, comme les journées de sensibilisation ou de dépistage».
D’après lui, leur association fonctionne avec les cotisations des adhérents, les dons des bienfaiteurs et des sponsors. Ce qu’il qualifie d’insignifiant par rapport aux besoins de ces malades. «Il faut que les autorités locales multiplient leurs efforts pour mettre à la disposition des enfants tous les moyens adéquats pour une meilleure prise en charge thérapeutique». A souligner que des ateliers de dessin et des espaces d’initiation au code de la route ont été animés tout au long de la journée d’avant-hier au niveau du CLS en faveur des enfants diabétiques. Une démarche qui vise à insérer ces enfants au sein de la société au même titre que les enfants en bonne santé.