Ignorant les directives des autorités interdisant tout rassemblement pour éviter la propagation du virus Covid-19, des milliers de citoyens sont sortis dans la rue, pour le 56e vendredi consécutif.


Les milliers de manifestants qui ont investi le parcours habituel de la marche ont bravé l’interdiction et la menace, ô combien réelle, et usé d’un humour caustique et de mots pleins de dérision. «Hirak, Coronavirus, khawa-khawa !», «Ulac Corona, ulac Ebola, le virus yella di El Mouradia, ont scandé avec humour grinçant et dans des termes non moins accusateurs les marcheurs. Les refrains exigeant une justice indépendante, une presse libre, le respect des libertés publiques, et la mise en place d’une période de transition ont été les refrains les plus scandés par les manifestants. Ayant choisi de manifester à Tizi Ouzou, Foudil Boumala, l’activiste du Hirak et détenu récemment libéré, a été accueilli comme un héros par les marcheurs qui l’ont véritablement pris en otage. Une rencontre singulière avec l’ex détenu dont beaucoup ont voulu garder le souvenir dans des photos et des vidéos qu’ils partageront sur leur page facebook. Séquence hommage, le portrait et des citations de l’écrivain Mouloud Feraoun – dont on célèbre, le 15 mars prochain, l’anniversaire de son assassinat par un commando de l’OAS – ont été exhibés par des marcheurs qui ont tenu à rendre hommage à cet écrivain qui fut assassiné, à l’orée de l’indépendance de l’Algérie.