« Bon anniversaire au Hirak et aux Hirakistes ». Cette réplique a été répétée de carré en carré, hier, par les manifestants qui étaient des milliers à descendre dans la rue, pour le 53e vendredi consécutif. Une manière de s’autocongratuler et de saluer la longévité du mouvement de protestation populaire, en se promettant de lui insuffler davantage de vigueur, en restant mobilisés et intransigeants quant à l’aboutissement des objectifs proclamés depuis l’irruption du peuple dans la rue, il y a une année, jour pour jour.
Cette vigueur et ce dynamisme constatés, une année après la survenue du Hirak, « attirent des convoitises de tous bords y compris de la part des tenants du pouvoir ! », se félicitera, non sans ironie, un manifestant sur une grande pancarte. Dans le même sillage, on évoquera avec raillerie la décision du chef de l’État Abdelmadjid Tebboune de consacrer la date du 22 février de chaque année comme journée de la cohésion du peuple avec l’Armée. Une démarche qui cache mal « la volonté du pouvoir pour apprivoiser le Hirak afin de l’étouffer! », regrettera ce marcheur sur un grand carton qu’il promène au-dessus des têtes. D’autres slogans, tout à la gloire du mouvement populaire et de son pacifisme, ont fleuri dans l’immense défilé où le doute n’est plus permis quant à l’aboutissement des objectifs proclamés depuis que la contestation populaire s’est emparée de la rue, il y a une année.
« Le premier round du Hirak a entraîné la chute du régime de Bouteflika, le deuxième verra le retrait des généraux de la vie politique! », ont scandé encore d’autres manifestants.
Une ambition que continuent à nourrir nombre de participants à la grande parade d’hier, en réitérant leur volonté de faire table rase du passé, à provoquer une rupture radicale avec le système et le pouvoir actuel accusé par les Hirakistes de dérives autoritaires qui se traduisent par la mainmise de l’Exécutif sur les médias et la justice. Hier, comme les précédents vendredis, la cause des détenus du Hirak était à l’ordre du jour. On a dénoncé la poursuite des procès des manifestants incarcérés et le maintien en détention d’autres figures politiques et de la contestation comme Foudil Boumala, Karim Tabou et Abdelouaheb Fersaoui.<