Dans une ambiance calme et bon enfant, la mobilisation s’est poursuivie pour le 55e vendredi consécutif, avec l’espoir de poursuivre le combat pacifique jusqu’à l’aboutissement des objectifs proclamés depuis le début du mouvement populaire. Des objectifs et des exigences qui reviennent en boucle, comme chaque vendredi, la liste des raisons pour la poursuite de la lutte se prolonge et s’enrichit, au gré des événements et de la conjoncture politique. Hier, les péripéties judiciaires ayant entouré le procès de Karim Tabou ont dominé les slogans proférés et les mots des marcheurs. Les échanges entre le chef de file de l’UDS et le juge ont été largement commentés. Beaucoup y ont trouvé matière et justificatif au discrédit de la justice. «Winek winek ya 3adala !», «Warahi l3dala, warah Al qanoun ?» (où est la justice, où est le droit) ont clamé des manifestants qui ont été nombreux à brandir le portait de Karim Tabou, tout en rendant hommage aux avocats qui continuent à se mobiliser pour la défense des détenus et qui se sont, particulièrement illustrés. Le retrait de l’Armée de la vie politique a été aussi le refrain le plus repris par la foule qui criait «pour un Etat civil et non militaire !», tout en réitérant les exigences politiques habituelles réclamant la séparation des pouvoirs. Hier, quelques activistes des droits des femmes ont profité du Hirak pour susciter la mobilisation, à l’occasion de la célébration du 8 Mars, journée internationale des droits des femmes. n