Des milliers de fonctionnaires, auxquels se sont joints des citoyens anonymes, ont marché, hier, à l’appel de la Coordination des syndicats autonomes (CSA). De « Les syndicats autonomes avec la révolution populaire ! », pouvait-on lire sur une grande banderole brandie à la tête de l’immense défilé où il y avait beaucoup d’enseignants des trois paliers de l’Education nationale, ceux de l’université, ainsi que des travailleurs et des agents de l’administration communale, qui se mobilisent pour la deuxième fois consécutive, après leur sortie de mercredi dernier en soutien au mouvement populaire.
Cette action combinée à une grève de deux jours, largement suivie par les établissements scolaires de la wilaya, a été décidée par les représentations locales des syndicats de la CSA.
Réunis au courant de la deuxième quinzaine du mois de novembre dernier, la coalition des syndicats autonomes, à savoir le Cnapest, l’ Unpef, le Satef, le Snapest, le SNTE, toutes des organisations syndicales du secteur de l’Education auxquelles ont adhéré le Snapap/CGTA représentant le secteur de l’administration publique et soutenu par des enseignants de l’UMMTO, ont pris option pour mener de paire des actions de protestations visant à renforcer la mobilisation en faveur du mouvement du 22 février, en s’investissant davantage dans la dynamique populaire de rejet des élections, enclenchée à l’approche du rendez-vous électoral du 12/12/2019.
Dans leur appel commun, les syndicats autonomes ont exprimé leur « profonde inquiétude quant à l’attitude jusqu’au-boutiste d’un système finissant, qui expédie, via un gouvernement illégitime, des lois bradant les richesses du pays et compromettant l’avenir des générations futures ».

L’appel de la CSA avertit contre
« l’aventurisme du pouvoir qui veut imposer un processus électoral biaisé d’avance et contre la volonté populaire et en l’absence de véritables mécanismes démocratiques à même de garantir la voix du peuple », et exige la libération des détenus politiques et d’opinion. »
Ne dérogeant pas à l’ambiance des marches du Hirak, les marcheurs ont entonné des cris et des chants habituels hostiles au pouvoir et appelant au démantèlement de l’ordre politique actuel qui, estiment-ils, veut perdurer et se renouveler, à travers la tenue de la prochaine présidentielle.
En effet, le rejet du prochain scrutin a été le slogan le plus repris par les marcheurs qui ont suivi le parcours habituel, reprenant des slogans stigmatisant et raillant les cinq candidats à la présidentielle. Ils ont, en outre, dénoncé l’incarcération jugée «arbitraire» des manifestants et militants du mouvement populaire considérés comme des «otages du pouvoir». «Libérez, les détenus, libérez l’Algérie ! », ont réclamé les manifestants qui n’ont pas cessé d’exiger la fin de la répression et des atteintes aux libertés publiques, à l’embrigadement des médias et de la justice.