Lancés en 2015, du temps où Amar Ghoul était ministre en charge du secteur touristique, les chantiers de modernisation des cinq hôtels publics de la wilaya traînent en longueur.

La sortie effectuée lundi dernier par le wali Mohamed Djemaâ pour s’enquérir de la marche de ces chantiers n’est pas la seule initiative du genre. Des sorties similaires et récurrentes ont été effectuées durant ces cinq dernières années par les élus de l’APW et les chefs de l’exécutif en poste avant l’actuel wali à Tizi Ouzou. Mohamed Djemaâ, qui était pour la circonstance accompagné par le président-Directeur général du groupe public Hôtellerie, Tourisme et Thermalisme (HTT), Lazhar Bounafaâ, a effectué une tournée d’inspection à travers les chantiers des hôtels concernés par l’opération de rénovation. La délégation a entamé sa visite par les établissements du chef-lieu de wilaya, à savoir Lalla Khedidja, Belloua et enfin Amraoua, pour finir son périple aux Aït Yenni où le wali et le P-DG de HTT se sont enquis de l’avancée des travaux de l’établissement Bracelet d’argent, appartenant à l’Entreprise touristique de Kabylie (ETK) dont les travaux marquent le pas. Le taux d’avancement est de 85% selon l’entreprise qui s’est engagée à finaliser le chantier dans deux mois. Les deux responsables ont insisté sur la nécessité de réceptionner les trois hôtels de l’ETK, (Lalla Khedidja, Belloua et le Bracelet d’argent) avant le début de la saison estivale. «Nous sommes aujourd’hui lundi, 27 janvier 2020, sur les chantiers de réhabilitation et de modernisation des hôtels publics de la wilaya. Nous constatons malheureusement du retard. Les engagements pris par les entreprises, les maîtres d’ouvrage et les bureaux d’études ne sont pas respectés, chose que nous déplorons ! Nous avons constaté qu’au moins trois hôtels en réhabilitation accusent du retard. Et tout porte à croire qu’il y a une défaillance de l’entreprise. Nous nous sommes entretenus avec le responsable du groupe et l’entreprise ETK pour qu’un diagnostic soit établi avec l’entreprise et pour que des dispositions soient prises. Nous avons comme objectif de réceptionner ces trois projets pour la saison estivale, soit à la fin du mois d’avril, car le 1er mai, c’est déjà la saison estivale», a prévenu le wali M. Djemaâ. «Il s’agit pour le maître d’ouvrage de se réunir avec les bureaux d’étude et l’entreprise et d’arrêter, avec précision, un planning qui permet de concrétiser ce nouvel engagement, lequel sera notifié à toutes les parties concernées. J’ai chargé le directeur du tourisme de me transmettre un compte-rendu régulier tous les dix jours sur l’avancement et la mise en exécution des engagements pris pour rester dans les délais de fin avril», lancera sur un ton tranchant le chef de l’Exécutif. Ce dernier nuancera son constat pour le chantier de l’hôtel Amraoua, constatant la cohésion dans l’action et la conduite des travaux entre le maître de l’ouvrage et l’entreprise réalisatrice. Une démarche qui permet l’avancement un tant soit peu du chantier, présageant la réception du projet d’ici la fin de l’année en cours. « Les travaux avancent, nous avons senti le changement et l’avancement. Des avenants seront signés d’ici février, pour permettre à l’entreprise d’acquérir quelques produits depuis l’étranger», informera le wali qui a fixé une échéance allant jusqu’à fin avril pour l’achèvement des travaux de l’hôtel Lalla Khedidja, dont la livraison était prévue initialement pour novembre 2019, puis en janvier. Le non-respect des engagements pris, à l’époque, par le maître de l’ouvrage et l’entreprise réalisatrice fera réagir le wali qui demandera des explications à ces derniers. «Le retard est visible, l’engagement n’a pas été respecté. Nous voulons savoir ce qui n’a pas marché», demandera sèchement le wali au maître de l’ouvrage. Ce dernier imputera la défaillance à l’entreprise réalisatrice qui n’aurait pas mis le paquet en termes d’effectif qui devait être engagé pour accélérer la cadence de la réalisation. «Alors qu’elle est payée jusqu’au dernier centime», se défend le maître de l’ouvrage. Reconnaissant le retard, le représentant de l’entreprise se défend comme il peut et explique le retard pris dans le versement des avenants qui mettent un mois pour être signés ». Il prétextera, en outre, la non-remise des plans de l’édifice qui devait être. Il finira par s’engager « à finir les travaux d’ici fin mars prochain».
Des retards,
le wali en colère
Autre hôtel visité, Le Belloua, situé au centre-ville de Tizi Ouzou. La stagnation du chantier est visible. Il est dans l’état dans lequel il était au mois de septembre dernier, (dernière visite du wali, ndlr). Le chef de l’Eexécutif a retenu les mêmes griefs à l’entreprise en charge de la modernisation des trois hôtels de l’ETK. Constatant beaucoup de retard, le wali a conseillé d’écarter l’entreprise qui a déjà fait l’objet de trois mises en demeure. Hôtel Amraoua, propriété de l’EGT Centre, les travaux traînent en longueur. Le chantier vient de reprendre après quelques mois d’interruption faute de performance de l’entreprise engagée qui a dû passer la main. Elle a été remplacée par une entreprise nationale, qui a engagé 140 ouvriers pour donner un coup de fouet aux travaux qui « avancent bien », rassure le représentant de l’entreprise, qui promet d‘achever le chantier d’ici la fin de l’année en cours. La situation n’est guère meilleure s’agissant des hôtels Tamgout (Yakouren) et El Arz (Tala Guilef), qui font partie du programme de réhabilitation. Après le désengagement de l’entreprise italienne chargée du chantier de réhabilitation de l’hôtel Tamgout de Yakouren, un bureau d’étude et une autre entreprise ont été retenus pour relancer les travaux. Pour l’hôtel El Arz de Tala Guilef dans la région de Boghni, les travaux qui ont nécessité une enveloppe de 422 milliards de centimes pour un délai de réalisation de 18 mois avancent lentement, ils avoisinent les 40 %. Signalons que l’Etat a mis sur la table une cagnotte de 900 milliards de centimes pour la rénovation et la mise aux normes de l’ensemble de ces établissements. Trente-six mois après le lancement des travaux 2015, le constat est plus que mitigé, aucun projet n’a abouti, alors que les délais initiaux pour la réception de tous ces établissements étaient de 12 mois. n