Les professionnels de la santé doivent être préparés pour faire face à « l’hémorragie de délivrance », a indiqué, lundi à Tizi-Ouzou, un gynécologue à l’Etablissement hospitalier spécialisé (EHS) S’bihi-Tassadit.

Intervenant lors d’une journée scientifique sous le thème « Femmes et nouveau-nés, au cœur de la pratique de la sage-femme », organisé par cet établissement sanitaire à la Maison de la culture Mouloud-Mammeri, Dr. Lakabi a insisté sur l’importance de la formation et de la préparation des gynécologues et sages-femmes pour bien gérer les cas d’hémorragie de délivrance. « Une complication de l’accouchement qui peut être fatale à la maman », a-t-il dit. « L’hémorragie de délivrance est une grave complication et représente la première cause de mortalité des parturientes », a souligné ce même médecin. Selon lui, une réaction rapide et efficace permet de sauver un nombre important de femmes qui présentent ce genre de complication, expliquant qu’à l’échelle mondiale 5% des femmes qui accouchent font une hémorragie de délivrance dont 87% sont sauvées. Dans la wilaya de Tizi-Ouzou où l’on déplore quatre décès de parturientes en 2017 et une depuis le début de l’année en cours à cause de ce problème, Dr. Lakabi a relevé que beaucoup de femmes ont été sauvées grâce à l’intervention du personnel médical. « Toutefois, malgré une intervention prompte et la mobilisation de tous les moyens adéquats à ce genre de situation, il arrive de perdre la parturiente », a-t-il déploré. Ce gynécologue a rappelé que l’hémorragie post-partum qui survient dans les 24 heures après l’accouchement, « peut avoir pour causes une anomalie de grossesse, une atonie utérine lorsque l’utérus ne se contracte pas suffisamment pendant et après l’accouchement, les petits vaisseaux de l’utérus restent ouverts, ce qui provoque une importante perte sanguine ». Le Dr. Lakabi a observé que la responsabilité du personnel médical, en cas de décès d’une parturiente, « ne se situe pas dans la cause de l’hémorragie mais plutôt dans la réaction face à cette situation qui exige une réaction rapide, codifiée et bien faite ». De son côté, le Pr. Brahim Boulassel, qui a abordé la responsabilité médico-légale de la sage-femme, a expliqué que dans les cas où il y a décès suite à un accouchement, la faute est caractérisée, selon le cas, entre autres, en négligence ou en un manque d’observation de la femme qui vient d’accoucher. La sage-femme, considérée comme la « pierre angulaire » dans le système de santé où elle a un rôle « très important » à jouer, s’expose, a-t-il soutenu, au risque médicolégal qui est « très fréquent » dans son travail et au stress aussi en salle de travail et de maternité. « Elle doit donc être sensibilisée aux responsabilités pénale, civile, déontologique et administrative qui en découlent en cas de faute professionnelle », a expliqué le Pr Boulassel.