Célébrée, par le passé, dans un esprit purement revendicatif, presque subversif, la date symbolique du 20 avril coïncidant avec les événements du Printemps amazigh 1980, est désormais dans l’agenda des festivités commémoratives des pouvoirs publics.

C’est ainsi qu’à Tizi-Ouzou, un riche programme, qui a été élaboré par la direction locale de la Culture, en collaboration avec l’université Mouloud-Mammeri et le mouvement associatif, a débuté hier et s’étalera sur plusieurs jours. Un panel d’activités comprenant des conférences, des expositions, des projections, du théâtre et des animations artistiques marquera cette commémoration qui se prolongera jusqu’au 23 avril et concernera toutes les localités de la wilaya.
Concentré au niveau de la Maison de la culture, le programme des festivités a été officiellement lancé par le wali, en présence des autorités de la ville et des partenaires dans l’organisation de l’événement. Après l’ouverture de l’exposition mise en place au niveau du hall de la Maison de la culture, le public aura le loisir de suivre différents ateliers et des conférences, thématiques, notamment sur le timbre algérien. Le Théâtre régional Kateb-Yacine est mis à contribution, avec des productions théâtrales. La troupe associative du village Bouaïdel, dans la daïra d’Iferhounène, viendra présenter sa pièce intitulée Taqsit s usefru (une histoire sur un poème). La cinémathèque, établissement sous tutelle de la direction de la culture, a été aussi mise à contribution, avec au programme la projection du film Fadma N Soumer. Le 16 avril, coïncidant avec la Journée du savoir, sera également célébrée au niveau de la Maison de la culture avec un programme de la direction de l’éducation. Au centre culturel Matoub Lounes d’Aïn El Hammam, le film L’Insoumis sera projeté et à la cinémathèque de Tizi-Ouzou, c’est La langue de Zahra qui sera proposé au public. Le programme spécial 20 avril reprendra ses droits, le lendemain, 17 avril. La Maison de la culture verra l’organisation d’un inter-établissements initié par la direction de l’éducation à la salle des spectacles. L’annexe de la Maison de la culture d’Azazga, le centre culturel Matoub-Lounès de Aïn El Hammam abriteront des activités initiées par la direction de tutelle, la direction de la culture qui lancera, le 18 avril, le mois du patrimoine.
«Mon patrimoine, mon devenir» est le slogan choisi pour les festivités dédiées au patrimoine et célébré à travers l’ensemble du territoire national. Côté hommage, les organisateurs ont choisi la journée du 19 avril pour honorer la mémoire de deux grands militants de la cause amazighe. Il s’agit d’Ahcène Taleb d’Aït Abdelmoumène et de Saïd Boukhari de Maâtkas. L’hommage donnera lieu à l’évocation du parcours de ses deux militants du MCB et à des débats qui aborderont l’actualité de la revendication identitaire.
Le cinéma sera à l’honneur dans la même journée du 19 avril avec la projection de Les Ramiers blancs d’Ali Mouzaoui, à la Maison de la culture. Le 20 avril marquera l’apothéose de la célébration de la date symbolique, qui verra l’implication de nombreuses localités de la wilaya avec de multiples activités culturelles, scientifiques et artistiques. La même atmosphère de fête durera jusqu’au 23 avril.
Une ambiance qui se traduira par la poursuite des expositions, conférences et projections de films. A cela s’ajoute la célébration de la Journée mondiale du livre et des droits d’auteur. L’universitaire et femme de lettres Djouher Amhis sera mise à l’honneur, à cette occasion. Djamel Foughali, Amine Zaoui, Mouloud Achour, Youcef Merahi et le modérateur Hamid Bilek, viendront animer des tables rondes sur la littérature et la culture amazighes. n