Les étudiants de l’université de Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou ont, de nouveau, pris rendez-vous avec la contestation pour le trentième mardi de marches estudiantines. Un rendez-vous auquel les citoyens ont dû faire l’appoint du fait du creux dans la mobilisation de la communauté universitaire.

Ils étaient à peine un millier à se rassembler devant le grand portail du Campus « Hasnaoua », avant d’entamer une marche qui les mènera jusqu’à l’extrémité ouest de la ville, du fait que la rentrée n’est pas entamée de façon effective pour beaucoup d’entre eux.
C’est du moins l’explication qui a été donnée pour justifier le petit recul constaté dans la mobilisation du jour.
Celle-ci a été largement compensée par les citoyens qui ont été nombreux à rejoindre le cortège qui grossissait au fur et à mesure qu’il avançait dans la ville. «Non aux élections sans transition ! », « Libérez l’Algérie ! », ont été les principaux cris de ralliement des marcheurs parmi lesquels on notera la présence, outre les citoyens anonymes, des enseignants, des militants de partis politiques, tels le RCD, le FFS, le PT et des représentants de syndicats autonomes.
Les chants et slogans habituels, hostiles au pouvoir, ont été scandés par la foule qui n’a pas cessé de critiquer le chef des armées à qui on continue d’imputer les blocages empêchant l’aboutissement du processus révolutionnaire. La libération des détenus politiques et des militants incarcérés pour délit de participation au « Hirak » a été de nouveau réclamée par la rue. Une exigence réitérée par les organisateurs qui ont, en outre, annoncé la tenue, aujourd’hui, d’une rencontre qui rassemblera les représentants de toute la communauté universitaire de l’UMMTO, qui auront à structurer le mouvement au sein de l’université et en dehors.
Cette proposition a été faite lors de la réunion, lundi, du collectif qui s’est donné pour nom « les activistes de l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou. Dans sa déclaration, ce collectif d’étudiants et d’enseignants de l’UMMTO a lancé un appel à l’intensification de la mobilisation pour le soutien de la révolution et le rejet du scrutin présidentiel prévu le 12 décembre prochain. L’appel mentionne que durant la réunion «un débat sur la situation politique du pays, dans le but de participer à la réflexion autour des moyens d’organisation, en perspective d’une vision commune pour le triomphe de la révolution populaire en cours, enclenchée depuis le 22 février, qui ne cesse de susciter l’admiration du monde par son pacifisme et son civisme. Dont l’expression de sa volonté pour une rupture définitive avec le système en place et le passage vers une nouvelle République, conforme aux aspirations du peuple, déterminé pour le recouvrement de son entière souveraineté ». Tout en condamnant « la violation des franchises universitaires, les arrestations arbitraires et injustes des militants politiques et activistes de la révolution et la criminalisation de l’acte politique et du multipartisme ». Et constatant que « les droits d’expression, de manifestation et de rassemblement, qui sont des droits inaliénables des peuples, sont plus que jamais en danger. Ils sont officiellement bafoués par le régime en place», les signataires de l’appel dénoncent les agissements du système en place. « Un système, constatent-ils, incarné par le chef de l’état-major à travers ses discours menaçants et méprisants depuis les casernes, (qui) met en danger la cohésion nationale, refuse de répondre à la volonté du peuple pour son autodétermination et à l’exercice de sa pleine souveraineté confisquée depuis l’indépendance ». Rejettent « dans le fond et dans la forme l’élection présidentielle et la convocation du corps électoral par le régime illégitime et impopulaire », les activistes de l’UMMTO se disent attachés « au choix du peuple algérien de maintenir le sursaut révolutionnaire pour une transition démocratique souveraine, loin de toute ingérence étrangère et de toute alternanceclanique ».
Ils rejettent, en outre « toute résolution politique ou constitutionnelle issue d’un panel illégitime, non représentatif et impopulaire, et mis en place par le même système afin de faire avorter les revendications largement et massivement portées et exigées par le génie populaire qui s’est exprimé et acté ». Enfin, un appel est lancé à la communauté universitaire pour « rejoindre massivement la marche du mardi 17/09/2019.
En outre, les organisateurs de la rencontre de dimanche dernier prévoient la tenue d’une deuxième rencontre, mercredi, au niveau de l’auditorium Hasnaoua 1. L’objectif, précisent-ils, est « de mettre en place des mécanismes d’organisation et de mobilisation permanentes, qui déboucheront sur des assises pédagogiques, académiques, politiques et sociales pour la concrétisation des objectifs de la révolution du peuple exprimées depuis le 22 février pour la refondation d’une véritable république démocratique et sociale ».