Hier, la rue a vibré au rythme d’une ambiance de kermesse sur fond de cris et de chants contestataires et de la colère, à l’occasion du 54e vendredi coïncidant avec le début de l’an II de la révolution populaire. Les mêmes chants et les mêmes slogans ont été repris par une foule compacte de marcheurs qui se sont déversés sur la ville. La détermination et la volonté de persévérer dans la mobilisation pacifique pour instaurer le changement ont été perceptibles dans une rue qui continue à dire avec force son désir de libérer l’Algérie de toutes les entraves qui freinent l’élan du peuple vers un changement radical du paradigme politique instauré depuis l’indépendance. «On ne s’arrêtera pas jusqu’à satisfaction de nos exigences !», clamera ce marcheur à travers une pancarte, résumant les motivations à venir participer au défilé de tous ceux qui continuent à marcher chaque vendredi. Des motivations exprimées, hier, à travers des mots simples et des slogans dénonçant la répression, le déni de justice pour des manifestants injustement incarcérés ou des activiste et militants du Hirak maintenus en détention sous des prétextes qualifiés de fallacieux. L’instauration d’un ordre institutionnel respectant la séparation des pouvoirs, les libertés publiques et imposant le retrait de l’armée de la sphère politique ont été les principales exigences qui reviennent en boucle depuis l’avènement du mouvement du 22 février 2019 et qui ont été encore clamées, hier, par les marcheurs.