Mis à part quelques irréductibles qui, par témérité ou indolence suicidaire, continuent à sortir dans la rue de jour comme de nuit, comme si de rien n’était, la majorité des citoyens se sont imposés un confinement volontaire, en adaptant leurs comportements et leur mode de vie aux contraintes imposées, depuis son début, par la crise sanitaire due au coronavirus qui continue à faire des victimes (14 cas enregistrés, selon le décompte officiel de vendredi dernier) dans la wilaya, dont trois morts.
De fait, la mesure prise par le gouvernement d’étendre la mesure d’isolement partiel à neuf wilayas, dont Tizi Ouzou, ne constitue nullement une contrainte ni une limite à leur liberté de circuler. Un avis largement partagé par certains citoyens qui ont parlé à la Radio locale ou que nous avons approchés. Tous ont exprimé leur approbation quant à la mise en place d’une telle mesure. Même si d’aucuns, qui, doutant de la pertinence d’un couvre-feu nocturne, vont plus loin et ne verraient pas d’un mauvais oeil l’instauration d’un confinement général conditionné par des mesures d’accompagnement en matière, notamment, de sécurité alimentaire et de mise en place de de mécanismes pouvant assurer les besoins de la vie quotidienne. Une telle décision, estiment-ils, constitue un moyen radical pour endiguer la propagation inexorable du virus covid-19. C’est dire que cette prédisposition et cette adhésion volontaire à cette mise en quarantaine partielle devraient arranger les affaires des autorités publiques, à travers la cellule de crise présidée par le wali, qui, dit-on, étaient, hier, à pied d’œuvre pour prendre toutes les mesures pour concrétiser cette procédure qui devait entrer en vigueur, hier, samedi 28 mars 2020, entre 19 h et 07 h dans la matinée d’aujourd’hui, dimanche.
«C’est une bonne initiative», estime Hamid, un directeur de CEM à la retraite. «Le seul souci des citoyens serait le manque de certains produits alimentaires tels que la semoule, le lait… Des produits qui commencent à se faire rares. Il y a aussi d’autres préoccupations liées à la rupture des services internet ou de téléphone mobile. Dans certains cas, c’est l’entretien d’un malade lourd (cancéreux…) qui constitue un motif d’appréhension pour beaucoup de personnes», ajoute notre interlocuteur qui salue les initiatives prises par les comités de villages pour se prémunir contre la propagation du covid-19. Il regrettera, cependant, le filtrage strict imposé pour accéder à l’intérieur de certains villages. «Des villageois habitant en ville ont été empêchés de venir se confiner dans leur propre maison. Des cas rares mais qui ont engendré des frictions», témoignera Hamid. «Je pense que c’est toujours bon de prendre toutes les mesures à même de limiter la propagation du virus», a déclaré, pour sa part, Aziz, PES de français contacté par Reporters. «Seulement, je ne comprends vraiment pas l’utilité d’un confinement nocturne, sachant que l’écrasante majorité des citoyens sont déjà chez eux», finira par dire Aziz qui émet un léger bémol face au consensus qui entoure la mise en place d’une mesure qui ne semble pas déranger, outre mesure, la population qui supporte stoïquement et avec beaucoup de résilience une situation sanitaire inédite aux effets dévastateurs à l’échelle planétaire. n