En visite lundi sur le chantier de réalisation du Centre anticancer (CAC) de Draâ Ben Khedda, qui accuse un énorme retard, le ministre de la Santé, Abdelmalek Boudiaf s’est montré mi-conciliant, mi-résigné devant la lenteur des travaux.

On reconnaît le retard, semble dire le ministre, qui annonce dans la foulée, que compte tenu de l’achèvement des bunkers et de l’installation prochaine de l’accélérateur par son fournisseur, «l’ouverture partielle de l’établissement avec la mise en service de l’hôpital de jour (consultation externes) et la radiothérapie, sera la seule façon de pousser l’entreprise à finir le travail ». C’est « un point noir pour le secteur de la santé au niveau de la capitale du Djurdjura », a-t-il ajouté. Boudiaf annonce qu’une équipe de cadres de son ministère se déplacera tous les quinze jours sur le chantier pour accompagner le projet et superviser l’avancement des travaux. Des travaux qui traînent en longueur et qui ont suscité l’ire du P/APW, qui n’a pas manqué de mettre en cause l’entreprise portugaise adjudicatrice. Les difficultés structurelles qu’elle a traversées ont négativement impacté le projet qui a démarré en 2014 et dont les délais de réalisation étaient fixés à dix-neuf mois. D’une capacité de 140 lits, le CAC de Draâ Ben Khedda, qui fait partie de trois projets similaire, lancés à travers le pays, tarde à voir le jour, au grand désespoir des malades cancéreux et de leurs parents. Plusieurs réévaluation du montant initial ont été effectuées et des délais supplémentaires accordés. Mais le résultat n’a pas suivi, le taux de réalisation n’est que de 75%. L’occupation par des tiers de l’assiette foncière du projet, le retard mis par l’approbation des plans des bunkers et la nécessité de déplacer une conduite d’eau qui traverse le terrain ont été les contraintes citées par un document remis par les services de la wilaya à la presse. Il n’empêche que l’entreprise de réalisation est mise lourdement en cause. Le ministre osera même le qualificatif de «boîteuse» à son égard. «On ne peut malheureusement pas aller vers la résiliation du contrat», dira le ministre qui répondait ainsi au P/APW.
«Une équipe ministérielle viendra chaque quinzaine pour accompagner le projet », dira le ministre, qui annonce la décision de l’ouverture partielle de l’hôpital, sans préciser de date, affirmant que le problème financier pour l’acquisition des trois accélérateurs de la radiothérapie a été définitivement réglé avec le fournisseur américain choisi pour l’installation de ces équipements. « Nous allons contacter ce fournisseur pour qu’il vienne installer le premier accélérateur à partir de dimanche prochain », a-t-il cependant indiqué. Il poursuivra sa visite avec une halte au niveau du CHU de Tizi Ouzou où il a procédé à l’inauguration d’un centre d’addictologie. Un centre dont l’équipement et le personnel ont été affectés qui « permettra à la wilaya de Tizi Ouzou d’être un pôle d’excellence » en matière de lutte contre les conduites addictives, se félicitera le ministre.
Par ailleurs, l’hôte de la capitale du Djurdjura a tenu à défendre l’avancée considérable enregistrée par le système de santé en Algérie qui, d’après lui, ne cesse de s’améliorer d’une année à l’autre. « Certes, il existe certaines lacunes en matière de prestations de service sanitaire, mais beaucoup de choses ont été faites. Il y a certaines personnes qui veulent noircir l’image du secteur de la santé en Algérie, mais je tiens à leur répondre que la santé est une science qui ne peut se développer du jour au lendemain », a-t-il insisté. Tout en invitant les journalistes des différents médias de s’impliquer favorablement pour changer l’opinion publique en leur inculquant que le système sanitaire se porte bien.

Les étudiants en pharmacie et en chirurgie dentaire interpellent le ministre
Cette visite était une occasion pour les étudiants en pharmacie qui sont en grève depuis trois mois et ceux en chirurgie dentaire de l’université Mouloud-Mammeri, qui durcissent le ton pour exiger la revalorisation de leur statut à la catégorie 16, d’interpeller le ministre sur leur situation. Boudiaf leur indiqué qu’une réunion de concertation avec les représentants des comités des étudiants protestataires a eu lieu et au cours de laquelle il leur a promis qu’il procèdera à la mise en place d’une feuille de route pour le suivi de leur carrière. Quant à la revendication relative à la revalorisation de leur statut, il a affirmé que cette question ne dépend pas de son ministère, mais plutôt de celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. « Je ne peux pas vous promettre de répondre à une doléance qui ne relève pas de mon ministère. Mais ce que je vous promets c’est d’être pour l’intérêt de l’étudiant ». L’occasion aussi pour les citoyens de saisir le premier responsable du secteur de la santé pour le mettre au courant sur la situation « alarmante » qui prévaut au sein des infrastructures de santé de la wilaya au grand dam du malade. A titre d’exemple, ils ont cité le manque flagrant de scanners, d’IRM, le manque de personnels radiologues… Interrogé sur le sujet du nouveau projet de loi de santé soumis à l’Assemblée populaire nationale (APN), Boudiaf a affirmé que ce projet a été maintenu, en attendant qu’il soit examiné au mois de juin ou de juillet prochain. Concernant la hausse de la facture des médicamentes, notamment avec l’importation des vaccins antigrippaux, Abdelmalek Boudiaf a affirmé que 1,114 million de vaccins ont été importés. « La facture doit être augmentée parce que l’espérance de vie est passée de 60 à 79 ans en Algérie », s’est-il justifié.