La célébration de la fête de l’Aïd El Fitr à Tizi-Ouzou s’est déroulée dans une atmosphère particulière du fait des mesures de confinement contre la propagation du coronavirus décidées par les pouvoirs publics à travers le territoire national.

Fête familiale par excellence marquant la fin du mois de Ramadhan, elle a été célébrée cette année, notamment dans les centres urbains, à travers les réseaux sociaux, ironise Saïd, qui regrette ce contexte qui a «vidé cette fête de sa substance». «Les gens sont habitués aux rituels des visites, de convivialité, de joie et de partage qui règne durant l’Aïd et on ne peut ne pas ressentir ce manque induit par cette pandémie et les mesures de confinement préventif qui vont avec, même si ces mesures sont nécessaires», souligne-t-il. C’est surtout, poursuit-il, «le durcissement des mesures de confinement avec l’interdiction de la circulation automobile qui a accentué la morosité de l’ambiance du fait que les gens ne peuvent sortir en famille ni se déplacer loin de chez eux pour rendre visite aux familles et amis». Autre fait marquant de cette fête, la prière de l’Aïd, qui d’habitude constitue un moment de communion, et qui cette année s’est déroulée «à domicile». «Beaucoup ont accompli leur prière en suivant le rituel à la télévision» témoigne Ali, qui affirme l’avoir fait lui-même. Au chef lieu de wilaya, quelques spectacles ont été organisés durant ces deux jours par des groupes de Scouts, à travers les quartiers de la ville, pour égayer un peu le quotidien des enfants privés de sortie et de joie durant cette fête qui est aussi la leur. Dans les villages, le confinement semble «moins ressenti même s’il est respecté dans une certaine mesure», témoigne Achour du village Taghzout à Illilten. «Ce n’est pas la joie des grands jours, mais, les gens sortent quand même, pour rendre visite à la famille ou aux voisins au village même ou pour aller dans les champs» explique-t-il. Ici et là, quelques initiatives sont, également, prises par des associations ou collectifs pour marquer cette fête, comme au village Cheurfa, dans la commune de Azazga, à l’Est de Tizi-Ouzou, où les jeunes ont entrepris de planter mille arbres durant ces deux jours. Sur un autre chapitre, la Direction locale du commerce a réquisitionné plus de 1.300 commerçants, toutes activités confondues, pour assurer la permanence durant cette fête et permettre la disponibilité des produits de première nécessité. «Il s’agit, pour la plupart de commerces activant dans le secteur de l’agroalimentaire et des commerces de proximités en alimentation générale, des grandes surfaces et des boulangeries» a indiqué à l’APS, le premier responsable de cette Direction, Kadda Adjabi. (APS)