Le conflit de légitimité qui oppose le coordinateur du bureau de wilaya de l’UGCAA et de ses partisans et un groupe de commerçants est en passe de tourner à l’avantage de ces derniers qui contestent la représentativité du coordinateur de wilaya et de ses partisans, accusés de squatter les instances locales de l’organisation, «depuis 27 ans sans qu’ils soient élus».

Ils demandent leur départ et l’organisation de nouvelles élections libres et démocratiques pour le choix de nouveaux délégués. Des revendications qu’ils ont réitérées, hier, lors du rassemblement organisé par les contestataires du coordinateur de wilaya et de son groupe, à l’occasion de la grève à laquelle ils ont appelé et qui a été massivement suivie à Tizi Ouzou et dans de nombreuses villes de la wilaya comme à Aïn El Hammam, Larbaa Nath Irathèn, Azazga, Fréha, Ouaguenoun, Ath Douala, etc.
Une réussite que les organisateurs considèrent comme un désaveu cinglant pas seulement aux adversaires des initiateurs de ce mouvement, mais aussi au secrétaire général de l’UGCAA. Ce dernier s’est impliqué personnellement à travers un communiqué diffusé la semaine dernière, où il a appelé les commerçants de Tizi Ouzou à ne pas suivre la grève qui, écrira S. Souilah, sert les intérêts personnels et politiques de ceux qui ont lancé l’appel au débrayage. Le secrétaire général de l’UGCAA est allé même jusqu’à accuser ces derniers de chercher à «saper l’unité nationale et la stabilité du pays».
Pas moins ! Leur représentation nationale comme les membres du bureau local ont été fustigés lors du rassemblement observé sur l’esplanade de l’ex-hôtel de ville deTizi Ouzou par de nombreux délégués. «Le coordinateur et les membres siègent depuis plus d’une vingtaine d’années sans qu’ils soient élus. Ils se sont toujours occupés de la défense de leurs intérêts et ceux de leurs amis, mais ne se sont jamais souciés des problèmes socioprofessionnels des commerçants», a-t-on entendu sur place. «Les pouvoirs publics sont convaincus de la justesse de nos revendications, mais pas les instances nationales de l’UGCAA, dont des secrétaires nationaux envoyés par le secrétaire général ont constaté que la majorité des commerçants est avec nous». Sur des banderoles brandies par les participants au regroupement on pouvait lire : «L’UGCAA appartient à tous les commerçants et artisans», «L’UGCAA n’est pas une propriété privée», «Nous exigeons des élections libres et démocratiques».
Dans une déclaration rendue publique, on revendique avec insistance le gel des activités du bureau de wilaya de l’UGCAA, la mise en place d’une commission de préparation et de suivi des élections et l’organisation de nouvelles élections pour le choix de nouveaux délégués représentatifs de tous les commerçants de la wilaya.
Se voulant soucieux de démocratie, ils ont même invité les locataires actuels du bureau de wilaya à présenter leur candidature. Pour les auteurs de la grève, le problème ne se pose pas entre l’UGCAA et l’Association des grossistes, comme le subodore le coordinateur du bureau de wilaya ; il s’agit de la représentativité des commerçants et de la défense de leurs droits socioprofessionnels.