Des participants à un colloque national sur la financiarisation du marché mondial des matières premières, abrité mardi par l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, ont insisté sur l’importance de développer l’activité de transformation, afin de sortir de la dépendance des exportations des matières premières.

Le Pr Brahim Guendouzi a observé que les économies qui dépendent de l’exportation des matières premières, dont l’Algérie (exportation des hydrocarbures), n’ont pas le pouvoir de fixer les prix de ces produits qui sont cotés en Bourse. «Les pays exportateurs de ces matières premières dépendent des prix fixés à l’international par les marchés boursiers soumis à la spéculation et aux enjeux géopolitiques et c’est l’instabilité des prix en bourse qui pose problèmes aux économies des pays exportateurs de matières premières», a souligné l’intervenant à cette rencontre organisée par la faculté des sciences économiques, commerciales et des sciences de gestion de l’université de Tizi-Ouzou. Tout en soulignant l’indispensabilité des matières premières qui sont la source de production de la richesse pour la création de bien industriels, M. Guendouzi a souligné que l’Algérie doit renforcer le secteur de la transformation, citant entre autres exemple, le projet d’exploitation de la mine de fer de Gara Djebilet dont le Conseil des ministres a approuvé, la semaine dernière, le lancement de la première phase de ce projet qualifié de «stratégique». Cet économiste a souligné l’intérêt pour l’économie nationale de transformer le minerai de fer pour produire de l’acier qui est «très demandé sur le marché extérieur». De son côté, l’économiste Douici Hachemi Naima qui a présenté une communication sur le thème «Les exportations hors hydrocarbures en Algérie : le défi de la diversification économique», a relevé que malgré les efforts engagés par les pouvoirs publics, pour sortir de la dépendance de l’exportation des hydrocarbures et diversifier l’économie nationale, les résultats obtenus demeurent en deçà des objectifs escomptés. Pour réussir cette diversification et encourager les exportations hors hydrocarbures, cette même conférencière a proposé de réunir certaines conditions et de lever les contraintes. Il s’agit, selon elle, de «l’amélioration du climat des affaires pour attirer les investissements étrangers directs, la mise à niveau des entreprises et la création de pôles industriels, l’encouragement de l’émergence d’un tissu industriel favorable à la diversification et la réaffectation de recettes des exportations des hydrocarbures vers le développement d’autres secteurs des clés».
A propos de la définition des secteurs à promouvoir, elle a rappelé que le plan national de relance économique (2020/2024) a insisté pour développer quelques secteurs clés dont l’industrie pharmaceutique, pour réduire les importations en la matière, les pièces détachées, les TIC et l’industrie agroalimentaire (à travers le développement de l’agriculture au Sahara afin de lui fournir la matière première transformer). Elle préconise également de «nouer des relations de partenariat avec des entreprises étrangères disposant d’un certain savoir-faire, d’améliorer le système bancaire pour assurer un accompagnement aux entreprises exportatrices ».(APS)