Un hommage a été rendu, dans la journée de samedi 28 avril, par la Direction de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou, en collaboration avec l’association culturelle Tafat ussirem et le comité de village Tadart Oufella, dans la daïra de Larbaâ Nath Irathen, au chanteur et animateur de la Radio nationale

, Chaîne II, Belaïd Tagrawla, de son vrai nom Belaïd Medjnah. Un parcours qui a été évoqué lors d’une cérémonie qui s’est tenue, dans la matinée, dans le hall de la Maison de la culture, en présence de nombreux admirateurs de l’artiste et de beaucoup de ses amis chanteurs et des personnalités du monde de la culture. A côté de ses coéquipiers et amis du groupe Tagrawla, il y avait le P/APC de Tizi Ouzou, Ouahab Aït Menguellet, l’ex-P/APC d’Aït Oumalou, H. Mameri ainsi que Derriche, un ex-sous-directeur de la Chaine II, et la directrice de la culture, Nabila Goumeziane. L’hommage s’est poursuivi, dans l’après-midi, par un gala et des témoignages qui ont rappelé avec émotion et reconnaissance l’homme et le parcours artistique de celui que la directrice de la culture qualifia « d’homme modeste et d’artiste sensible et généreux ». Le parcours biographique et artistique de Belaïd Tagrawla a été revisité dans un film documentaire, remontant jusqu’à son enfance dans son village Tadart Oufella, où il vit le jour en 1959, son départ à Alger, où sa famille s’est établie. C’est à Alger que le jeune Belaïd poursuivra son éveil pour la chanson, passion qu’il a découverte dès sa tendre enfance dans son village natal, dans la région de Larbaâ Nath Irathen. « Enfant, Belaïd aimait fredonner et pousser la chansonnette. L’enfant qu’il était avait déjà trouvé sa voie et sa vocation d’artiste », témoignera une vieille voisine du village. Après une expérience artistique en solo, Belaïd Medjnah, rejoindra, au début des années 1980, le groupe Tagrawla. Groupe auquel Belaïd apportera sa touche et son influence artistique et sa créativité, selon le témoignage d’Idir, un membre du groupe Tagrawla.
Belaïd Ath Medjkane ne tardera pas à devenir le leader incontesté de ce groupe né dans le sillage du mouvement de modernisation et du renouveau de la chanson kabyle, amorcé au milieu des années 1970. En parallèle à son parcours artistique et de chanteur, celui dont le nom finira par se confondre avec le groupe Tagrawla mènera une carrière d’animateur à la Chaîne II, où il se distinguera par ses émissions aux thèmes diversifiés très prisés par le public, et par son sens de la pédagogie, de la transmission autour de sujets à caractère culturel et social et son engagement pour la culture amazighe. De nombreux chanteurs comme Rabah Ouferhat, Hocine Ouahioun, Taleb Tahar et d’autres moins connus viendront contribuer par leur voix et leur talent à l’hommage rendu à l’interprète de «Yemma tedda hafi», une belle ballade, sur un poème de Amar Mezdad, racontant sur un ton émouvant et sensuel les privations, les sacrifices, l’amour et le dévouement de la femme kabyle, et à travers elle, de toutes les mères pour leurs enfants. n