Le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, a rassuré la population des 49 communes de la wilaya de Tizi-Ouzou qui ont vécu des perturbations en matière d’alimentation en eau potable de passer, cette année, un été tranquille, tout en s’engageant à mettre fin au calvaire de pénurie en AEP dans certaines communes d’ici le début de la saison estivale et pour d’autres le problème sera réglé d’ici la fin de l’année en cours.

Pour cela, un montant de 200 milliards de centimes a été alloué par le gouvernement pour Tizi-Ouzou pour l’amélioration de l’AEP au profit de la population locale de ces communes qui ont vécu « un réel calvaire de soif » durant la saison estivale 2017, a-t-il annoncé, lors d’une point de presse tenu en marge de sa visite de travail et d’inspection de deux jours effectuée, dimanche et lundi derniers au niveau de la capitale de Djurdjura. M. Necib a affirmé qu’un programme d’investissement a été établi pour améliorer l’alimentation en eau portable au niveau des communes de la wilaya de Tizi-Ouzou qui ont connu un réel calvaire de perturbation de cette source vitale durant la saison estivale de l’année écoulée, et ce, suite au manque de pluviométrie et aux conditions climatiques de 2017. « Sur les 67 communes que compte la wilaya, 18 d’entre elles sont alimentées au quotidien, 35 avec un pourcentage qui varie entre 10 à 75% et 14 une fois tous les trois jours et plus ». Dans le même contexte visant l’amélioration de l’AEP, le ministre a inspecté le projet de transfert d’eau à partir du barrage de Tichy-Haff vers Bouzeguène, une localité qui a connu une perturbation très rude durant la saison estivale qui a été à l’origine de plusieurs protestations émanant par les comités de village. Il faut préciser que la livraison de ce projet est prévue pour le mois d’octobre prochain. Après avoir été sollicité par le directeur local des ressources en eau, Rachid Hameg, le ministre a annoncé l’intégration de la commune de Beni-Zekki dans ce projet de transfert d’eau à partir de Tichy-Haff dans la wilaya de Béjaïa. Lors de son déplacement au niveau de la commune d’Azeffoun le ministre a donné le coup d’envoi officiel pour le lancement des travaux de réalisation du barrage Sidi Khelifa. D’une capacité de 35 millions de m3, il est destiné au renforcement de l’alimentation en eau potable de la zone côtière de la wilaya.
Le ministre a affirmé que vu l’augmentation de la demande en matière de ressources hydriques qui est en expansion, un schéma hydraulique a été mis en place à l’indicatif de la wilaya qui aura pour objectif de rallier la wilaya au barrage de Koudiat Acerdoune à Bouira et le renforcement hydrique des communes du nord de la wilaya à partir de la station de dessalement d’eau de mer de Cap Djinet à Boumerdès.
M. Necib a mis l’accent sur la protection du barrage de Taksebt qui constitue, d’après lui, la source principale en matière d’alimentation en eau potable dans la région. Il a annoncé que le secteur des ressources en eau figure parmi les secteurs qui ne sont pas touchés par l’austérité financière qui frappe de plein fouet le pays. Pour cela, il a été décidé le dégel de 5 stations d’épuration des eaux usées urbaines de type biologique, dont l’objectif est de protéger la cuvette du barrage contre la pollution.

Soutien à l’ADE pour faire face aux créances impayées
Le ministre a affirmé que Tizi-Ouzou compte une douzaine de stations de pompage. Ce nombre lui a permis de renfermer 25% du parc national des stations du pompage existantes à travers les 44 wilayas où il y a l’implantation de l’ADE. « Le pompage engendre des surcoûts pour les ADE, c’est pour cela que nous contribuons pour faire face aux factures d’électricité attribuées aux directions de l’ADE », a-t-il dit. Dans le même sillage, le ministre s’est engagé à accorder un soutien financier très conséquent sans citer le montant qui sera attribué en faveur de l’ADE de Tizi-Ouzou pour faire face aux créances impayées qu’elle détient auprès de ses clients et des institutions publiques qui sont estimées de 194 milliards de centimes. « Dans le cadre du renforcement des moyens humains et matériels de l’ADE, nous avons décidé de recruter 120 agents pour la saison estivale. Ajoutez à cela, il a annoncé la décision prise par le gouvernement lors du dernier conseil des ministres portant régularisation des créances que détient la Sonelgaz auprès de l’ADE de Tizi-Ouzou.
S’agissant de la déperdition d’eau provoquée par les fuites dans les réseaux d’alimentation en eau potable qui constitue le point noir dans la région, le premier responsable du secteur hydraulique a fait savoir qu’un programme d’investissement a été mis en place par son département visant à atteindre à l’horizon 2030, une déperdition de moins de 20%, alors qu’il est aujourd’hui de 30% à l’échelle nationale. « La plupart des réseaux de l’ADE sont hérités des communes et ils sont vétustes. Alors il est temps de rénover ces réseaux ». Il a saisi cette occasion pour tirer la sonnette d’alarme quant au problème de branchements illicites ou ce qu’on appelle « les zones non facturées » dont la moyenne nationale est estimée à 15%. A cet effet, un programme a été mis en place en collaboration avec les walis pour mettre fin à cette situation.
L’hôte de la capitale de Djurdjura a éloigné tout spectre de déficit en matière hydrique en Algérie, notamment avec l’efficacité du plan national de l’eau visant la diversification de la ressource hydrique établi par le gouvernement depuis le début des années 2000. D’après lui, l’Algérie atteindra une production hydrique qui dépassera les 600 millions de m3/an. Pour appuyer ses propos, il a affirmé que l’Algérie sera au podium en matière d’offres de dessalement avec plus de 25% à l’horizon 2020. « Nous avons 25 grands barrages, 11 grandes stations de dessalement et une trentaine sont en cours de lancement et une vingtaine sont en cours de réalisation. Ajoutez à cela, les sources souterraines, et l’épuration des eaux usées qui constitue une quatrième ressource non-négligeable avec 400 millions de m3 ».
Soulignons que le ministre qui était accompagné du wali, Mohamed Bouderbali et d’une forte délégation de son département se sont recueillis sur la tombe du journaliste-écrivain, Tahar Djaout dans son village natal à Oulkhou dans la commune de Azeffoun. Il s’est recueilli également sur la tombe du Colonel Mohand Oulhadj érigée dans le village de Bouzeguène.