Sur les 66 000 exploitations agricoles du privé, recensées au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou, plus de 80% n’ont pas d’actes de propriété. Une situation qui a provoqué une réelle « anarchie » dans l’exploitation de ces terres, a annoncé l’ex-directeur de l’Office national des terres agricoles, Abderrahmane Ouali.

« Le foncier agricole n’est pas maîtrisé », a-t-il mis en garde. Pour cela, il a appelé à aller vers l’assainissement et l’identification de ces terres agricoles. Le même constat a été fait pour les exploitations relevant du secteur étatique, puisque d’après lui, sur plus de 2 000 exploitations, il y a 1 170 provenant de la Révolution agraire qui a été faite de façon anarchique. Il a affirmé que plus de 300 exploitants n’ont pas déposé de dossiers de conversion. « Il faut mobiliser une équipe compétente et des moyens adéquats pour régler les terres de l’ONTA, conformément à la loi 10-03 portant l’assainissement des terres agricoles. » Abderrahmane Ouali a indiqué que l’investissement dans le secteur agricole est loin d’être une réalité au niveau de la capitale du Djurdjura, notamment en faisant référence aux superficies insignifiantes des terres. « Sur 1 284 exploitations agricoles, il y a 531 qui ont moins d’un hectare. Ce qui a incité les exploitants à les bâtir au lieu d’investir dans ce domaine ». Sur un autre volet, Ouali a remis en cause la volonté des pouvoirs publics pour le développement de l’investissement agricole. « Il est temps de mettre le paquet pour une meilleure exploitation agricole de ces terres. Il faut qu’il y ait une formation dans ce sens, des échanges intercommunaux, et même internationaux, pour le développement de ce segment qui est à la traîne », a-t-il réitéré. Ainsi, il a recommandé la revalorisation du Programme de proximité de développement rural intégré (PPDRI) pour le développement de l’agriculture de montagne et ce, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de l’agriculture de montagne qui coïncide avec le 11 décembre de chaque année. « Nous avons des bassins verseaux pour le développement du poisson. Il faut qu’il y ait une interconnexion entre l’administration agricole avec l’université pour travailler sur des thèmes pour le développement de l’agriculture dans la wilaya », a-t-il conclu. n