Le rassemblement que devait organiser, dans la matinée d’hier, le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) a été empêché par la police. Des éléments en civil s’étaient déployés en grand nombre devant le portail du campus de Hasnaoua de l’UMMTO, où devait se dérouler la rencontre. Devant un parterre d’étudiants, rassemblés sur l’esplanade de la bibliothèque centrale, des activistes, apparentés au mouvement de Ferhat M’henni, ont improvisé un sit-in pour dénoncer l’intervention des forces de l’ordre qui ont fait avorter le regroupement politique du MAK. Ils ont, en outre, dénoncé ce qu’ils ont appelé une véritable chasse à l’homme, une filature en règle ayant ciblé les partisans de ce mouvement, dont deux étudiants. «Les policiers postés à l’entrée du campus avaient une liste de noms», révélait un étudiant en colère, qui s’exprimait devant le petit groupe d’étudiants qui brandissaient des portraits à l’effigie des deux étudiants arrêtés. Dans une vidéo postée sur Facebook, la présidente du Congrès mondial amazigh, Kamira Naït Sid, parle d’interpellations massives de militants indépendantistes par la police. Celle-ci a procédé à l’arrestation de plusieurs activistes de la mouvance souverainiste, dont le président de l’Union pour une République kabyle (URK), Bouaziz Naït Chebib, arrêté mardi à Aïn El Hammam. Des appels à mobilisation ont été lancés en vue de la libération de tous les militants interpellés.