La 9e édition du Festival culturel local du tapis d’Aït Hichem s’est achevée, dans l’après-midi de mercredi dernier, après cinq jours d’expo-vente de produits de l’artisanat assurés par les tisseuses d’Aït Hichem et par des artisans locaux et d’autres venus des wilayas de Ghardaïa, Oum El Bouaghi, Bouira, Béjaïa, Médéa, Khenchela et Aïn Defla.

Nadir Bougdoura, directeur de l’organisation et des produits culturels au ministère de la Culture et Sofiane Zoubir, son collègue du ministère du Tourisme et de l’Artisanat ont assisté à la cérémonie de clôture qui s’est déroulée à la maison de la culture Mouloud-Mammeri, en présence, également, du wali, du maire de la ville de Tizi-Ouzou ainsi que de nombreux élus et d’autres invités. Au de-là de l’atmosphère festive qui a caractérisé cette cérémonie, les tapissières qui ont participé au festival vont repartir chez elles avec la satisfaction d’avoir réalisé une bonne opération commerciale à l’issue de ce rendez-vous : le ministère du Tourisme et de l’Artisanat, celui de la Culture et le FCE se sont engagés à acheter la totalité des tapis exposés. Autres motifs de satisfaction, le wali a annoncé des mesures incitatives au profit des femmes tisseuses. Outre l’offre d’une cagnotte de cent millions de centimes qu’elles auront à se partager et qui leur servira à l’achat de la matière première, une trentaine de jeunes tisseuses bénéficieront d’un dispositif de formation professionnelle et d’un emploi rémunéré, dans le cadre du contrat d’insertion professionnelle (CIF), et, ce, en vertu d’une convention signée entre la direction de la formation professionnelle et celle du travail et de l’emploi. Enfin, et pour faire connaître et promouvoir leurs produits, une caravane de professionnels de l’artisanat sera organisée dans la wilaya de Médéa.
Ces gestes ne suffisent pas à cacher les aléas que rencontrent les femmes tisseuses, dans le cadre de leur activité, à l’instar des autres professionnels du secteur. Le commissaire du festival n’a pas manqué de poser le problème de la désorganisation du marché de l’artisanat et l’indisponibilité de la laine pure. « Les pouvoirs publics doivent organiser le marché et l’alimenter en laine pure », déplore-t-il. L’indisponibilité de la matière première de qualité impacte négativement le travail des artisanes tisseuses qui sont obligées de recourir à l’usage de la laine en fibres synthétiques. Raison pour laquelle le prix récompensant le meilleur tapis n’a pas été attribué cette année, rappellera le commissaire du festival. Les problèmes ainsi soulevés persistent malgré le rattachement de l’artisanat au département du tourisme. Les professionnels du secteur attendent toujours de profiter des retombées du rattachement de l’artisanat au département ministériel qui gère le secteur touristique. Des retombées en terme économiques et de débouchés pour les artisans qui sont tributaires de la relance de l’activité touristique. La stratégie de convergence pour le développement des deux secteurs doit aller de pair avec la lutte que les pouvoirs publics doivent mener contre les contrefacteurs. En plus de produits de mauvaise qualité, le marché est inondé d’une panoplie de produits imités, à des prix plus compétitifs qui ne reflètent nullement le génie de nos artisans. n