Dans le cadre ses activités initiées à l’occasion de la commémoration du printemps berbère, l’association culturelle et scientifique « Allagh » de Bouhinoun, commune de Tizi-Ouzou, a rendu hommage, vendredi dernier, au militant du MCB, Djaffar Ouahioune.

Connu aussi pour son engagement contre le terrorisme islamiste durant les années 1990, raison pour laquelle il fut la cible d’un attentat terroriste qui lui coûtera la vie sur le lieu de son travail au lycée de Béni Yenni, Djaffar Ouahioune fut le récipiendaire, à titre posthume, du prix qui porte le nom emblématique de Taos Amrouche initié depuis trois ans par l’association scientifique Allagh (cerveau) de Bouhinoun. Parallèlement au défunt Djaffar Ouahioune, le prix a été attribué au militant identitaire Belkacem Lounes en sa qualité de membre fondateur et président du Congrès mondial amazigh domicilié en Europe. Infatigable militant de la cause amazighe, Djaffar Ouahioune fut l’un des pionniers, durant la fin des années 1970 et début 1980, dans la mise en place des comités autonomes de l’université de Tizi-Ouzou. Le défunt fut parmi le collectif de militants d’étudiants et d’enseignants de l’université de Tizi Ouzou qui avaient invité, à cette époque, l’illustre Mouloud Mammeri à la conférence interdite par les autorités et qui déboucha sur Tafsut imazighen. Il continua à militer pour la démocratie et l’État de droit jusqu’à son assassinat par les hordes islamistes dans une classe du lycée d’At Yenni devant ses élèves ahuris le 10 mai 1998. Le second, B. Lounes, est un universitaire et chercheur au CNRS en France. Il est connu pour son engagement dans le Congrès mondial amazigh (CMA). La cérémonie fut inaugurée par une table ronde animée par Arab Aknin et Belkacen Lounes devant une assistance nombreuse composée de villageois, de militants de la cause amazighe, de l’ancienne gloire de la JSK, A. Meghrici, des chanteurs Karim de l’ex-groupe les Abranis, Mouloud Assam, Ali Ideflawen et des amis et membres de la famille de feu Djaffar Ouahioune dont la mémoire a été évoquée par deux de ses compagnons de lutte. Le premier, A. Aknine, ami intime du défunt et son camarade de promotion au sein de l’université, reviendra sur le parcours militant de Ouahioune Djaffar, sur son engagement sans faille pendant ces années de braise et sa lutte contre le terrorisme islamiste, son courage et son intelligence (il décroche son bac série mathématiques au lycée de Constantine malgré l’éloignement, les privations parce qu’orphelin très tôt de père et de mère, en sus des dures conditions de vie au sein de l’internat du lycée constantinois où il était pensionnaire). L’orateur évoquera le rôle joué par le défunt dans la préparation et l’organisation des premières manifestations de rue en 1980, avec d’autres jeunes camarades, qui suivirent l’interdiction de la conférence sur les poèmes anciens kabyles et les événements qui s’ensuivront. De son côté, Hend Saïd, qui était son professeur de mathématiques statistiques et un camarade de lutte très proche, rappela, en des mots touchants ses qualités humaines, son dévouement à la cause et le sens de son sacrifice qui « doit être un symbole du militantisme qui éclairera les chemins de notre futur». La cérémonie a pris fin dans une ambiance de fête avec un gala animé par Ali Ideflawen et de jeunes chanteurs du cru.