Un collectif de citoyens de Tizi Ouzou se proclamant de la société civile locale a appelé, jeudi, le président de la République Abdelmadjid Tebboune à entamer ses sorties par la wilaya de Tizi Ouzou, point de départ pour son périple en tant que nouveau Président de la République à l’intérieur du pays. L’appel a été lancé à l’issue d’une rencontre qui s’est tenue à l’hôtel Ittourar, à la sortie sud de la ville, invitant le Président Tebboune à « faire de la wilaya de Tizi Ouzou sa première destination au niveau national ». Une wilaya qui, estiment les auteurs de l’initiative, doit servir de « point de départ de la concrétisation des promesses et engagements » électoraux du Président issu de l’élection du 12 décembre 2019.
La relance et la redynamisation du développement local constituent l’argument phare de ce qui prend l’allure d’une pétition populaire, car supposée avoir l’assentiment de toutes les franges représentatives de la population. Une population que l’on sait sensible à ce genre de discours au contenu économique et social, et enveloppé de références au passé « révolutionnaire » de la wilaya qui, indique le document, « a beaucoup donné à l’Algérie à travers son Histoire (et qui) a grandement besoin pour secouer l’état léthargique de son développement et la doter de projets à même de permettre de relancer son essor économique et social au profit des populations », selon les rédacteurs de l’appel. Un texte rendu public à l’issue de la rencontre et qui se fait le relais de la rhétorique officielle faisant la promotion de la nouvelle réalité politique post-élection présidentielle du 12 décembre dernier. « Une étape nouvelle qui ouvre la voie à l’édification d’une nouvelle République réclamée par l’ensemble du peuple algérien dans le cadre de l’unité et des constances nationales », y est-il écrit. Plus encore, les auteurs de l’initiative dite de la société civile de Tizi Ouzou estiment que « le processus de réformes engagées par le Président de la République émane d’une « conviction et une volonté
sincères ». Ils ont appelé à un large consensus de la société autour « du programme du Président de la République et contribuer à l’enrichissement et au développement du projet national (et à) participer au dialogue et à la concertation entre les différentes sensibilités de la société pour renouer la confiance entre les institutions de l’Etat et le peuple » et aussi « permettre à la jeunesse d’accéder aux postes de commandes et contribuer à la construction de l’Algérie nouvelle. Saluant, en outre, « le rôle prépondérant de l’Armée nationale populaire (ANP) dans la préservation et la défense du
pays », les organisateurs de cette rencontre ont insisté sur « l’impératif de la consolidation des institutions de l’Etat et du rassemblement autour de l’institution militaire, rempart contre toutes les tentatives visant l’Algérie ». L’appel lancé au Président de la République à effectuer une visite dans une wilaya, doit-on le rappeler, qui s’est singularisée par un boycott massif du scrutin présidentiel du 12/12/2019.
D’où l’intérêt à analyser cette offre de bienvenue faite au chef de l’Etat sous le prisme de la réalité politique, propre à une région historiquement frondeuse et qui constitue l’un des bastions forts du Hirak populaire, qui exige une rupture radicale avec le système et du fonctionnement institutionnel ayant prévalu depuis l’indépendance. Inspiré ou émanant d’une initiative réellement citoyenne, l’appel entre dans la logique de la quête du tout nouveau pouvoir à se constituer un prolongement populaire à son action. Le constat est d’autant plus conforme à la réalité qu’il émane de milieux se proclamant de la société civile, mais qui ont toujours fonctionné en vases communicants avec les cercles du pouvoir.