Le service de néphrologie du Centre hospitalo-universitaire (CHU) Nedir-Mohamed de Tizi-Ouzou s’apprête à effectuer 40 greffes rénales durant l’année en cours, dont 10 dossiers sont déjà ficelés et attendent seulement leur programmation, a affirmé le chef de service de néphrologie, Pr. Ahmed Nekhla.

Ce dernier a affirmé que sur 20 greffes rénales prévues, 9 ont été effectuées. Alors qu’en 2016 et 2017, 17 greffes ont été effectuées, alors qu’il a été prévu d’en réaliser 29.

 

Ainsi, il a indiqué que les greffes prévues pour 2018 n’ont pas été encore lancées, faute de disponibilité des produits de conservation des greffes. «Nous n’avons pas encore commencé la transplantation parce que le produit de conservation de greffes n’est pas encore disponible». Mais tout de même, enchaîne-t-il, la pharmacie centrale (PCH) devrait régler ce problème incessamment. En effet, les néphrologues du Centre hospitalo-universitaire (CHU) Nedir-Mohamed de Tizi-Ouzou tirent la sonnette d’alarme sur l’absence de la culture de prélèvement de la transplantation d’organes sur cadavres au niveau des différents centres de greffes, non seulement au niveau local, mais à l’échelle nationale. Pour cela, une commission nationale de transplantation rénale sera installée prochainement afin de désigner les équipes médicales chargées de mettre la logistique pour vulgariser cette opération « humaine » et sauver la vie des malades atteints d’insuffisance rénale. Tout en émettant le vœu que cette politique de prélévement sur cadavre soit mise en vigueur en 2019.
Le même chef de service de néphrologie au CHU de Tizi-Ouzou, le Pr. Ahmed Nakhla, a mis l’accent sur la sensibilisation des parents du défunt pour prélever les organes, plusieurs cas d’insuffisants rénaux, sans préciser leur nombre, qui sont dialysés et qui n’ont pas de donneurs vivants avec un lien de parenté, comme stipule la loi régissant les modalités de la greffe rénale. «Certes, il y a assez de demandes de greffes rénales à partir d’un donneur vivant, mais le prélèvement rénal sur un cadavre n’est pas encore inculqué au sein de la société », a-t-il regretté. Le même spécialiste de la néphrologie a plaidé pour la création d’un registre d’autorisation de prélèvement d’organes sur cadavre au niveau des collectivités locales, comme ce fut le cas dans les pays occidentaux. D’après lui, ce registre qui sera mis en place par l’Agence nationale de greffes permettra à l’équipe médicale d’être en contact avec les parents du défunt qui a déjà accepté de faire prélever ses organes avant sa mort. « Dans la plupart des cas, les parents refusent de prélever les organes de leur défunt. Alors nous comptons mettre en place des coordinateurs qui auront pour mission de sensibiliser ces parents d’accepter ce prélèvement pour sauver la vie des patients. Une fois que nous avons l’accord de la famille, ajoute-t-il, une série d’examens sera effectuée », a-t-il expliqué. M. Nakhla a souligné que l’absence de culture de prélèvement sur un cadavre pénalise les néphrologues d’accomplir leur travail dans de bonnes conditions.