Sur 1 334 demandes d’investissement reçues, seuls 297 projets d’investissement ont reçu l’aval par la commission de wilaya concernée, a indiqué le premier magistrat de la wilaya de Tizi Ouzou, lors d’une réunion de prise de contact avec les investisseurs locaux, organisée, avant-hier. Un chiffre qui est significatif de la situation difficile que connaît l’investissement industriel privé dans cette wilaya.

Un dossier auquel les walis successifs ont tenté d’apporter des solutions, en initiant des mesures à même de libérer l’acte d’investir des multiples entraves qui freinent sa dynamique et son évolution. Des entraves que les opérateurs économiques ont évoquées dans leur réunion avec le wali. La viabilisation des zones industrielles et leur alimentation en volume suffisant en énergie électrique figurent parmi les préoccupations de ces promoteurs. La disponibilité du foncier industriel et l’attribution d’assiettes foncières aux porteurs de projets est le sujet qui préoccupe aussi bien l’administration que les investisseurs. En plus de la rareté du foncier industriel, la gestion administrée et les lenteurs bureaucratiques à l’attribution des assiettes destinées à l’investissement constituent, de l’avis de tous, un frein à l’acte d’investir. « Il y a des lenteurs bureaucratiques même entre les différentes directions », admettra le wali qui promet de tout faire pour lever ces entraves, en facilitant les démarches administratives. Pour remédier à la situation, des décisions d’attribution aux projets validées seront signées, en attendant que les autres instruments juridiques soient délivrés par l’administration pour permettre le démarrage des projets. L’autre mesure phare annoncée par le wali est la poursuite de l’opération de récupération du foncier industriel attribué, mais non exploité. Un délai sera accordé pour la mise en place des projets validés. Délai au-delà duquel les assiettes foncières concédées seront récupérées par l’administration, selon le chef de l’exécutif de la wilaya. Il indiquera que le directeur des Domaines a été instruit pour adresser des mises en demeure aux promoteurs qui n’ont pas réalisé leurs projets. L’opération lancée par l’ex-wali Boudali, peu de temps avant son départ de la tête de la wilaya de Tizi Ouzou, avait pour objectif la récupération d’un portefeuille foncier industriel attribué pour des projets non encore démarrés répartis sur les 16 zones d’activités et la zone industrielle de la wilaya.
Délivrance de l’acte de concession tributaire du lancement du projet
Face à cette situation, la délivrance de l’acte de concession d’une assiette foncière aux porteurs de projets dans la wilaya de Tizi-Ouzou est désormais tributaire du lancement effectif, par l’investisseur, des travaux de réalisation du projet pour lequel le terrain lui a été attribué, a révélé, le wali. Abdelhakim Chater a informé les porteurs de projets demandeurs de foncier industriel, qu’ils auront droit, dans un premier temps, pour les besoins de leur installation au niveau des zones d’activités ou industrielle, à une décision d’attribution provisoire de terrain qui leur sera délivrée par les services de la wilaya. L’acte de concession ne sera délivré qu’après réalisation de 20 à 30 % du projet par l’investisseur, a souligné le wali qui a expliqué que cette mesure a pour but d’éviter les situations déjà vécues par la wilaya ou des assiettes de terrain ont été attribuées à des opérateurs économiques qui plusieurs années (allant jusqu’à 20 ans pour certains cas) plus tard, n’ont pas concrétisé leur projets d’investissement. Un suivi régulier, sur le terrain, de l’avancement des nouveaux investissements sera assuré par la wilaya, a ajouté le wali qui a instruit le directeur de l’industrie de procéder à l’annulation des décisions d’attribution provisoires de terrains délivrées aux investisseurs qui tarderaient à lancer les travaux, afin de les remplacer par d’autres porteurs de projets. M. Chater a souligné le manque de foncier notamment industriel auquel est confrontée la wilaya, ajoutant que pour la prise en charge de cette contrainte, il a été procédé à la création de nouvelles zones d’activités dont celles de Bouzguène et Timizart. S’agissant de la viabilisation et la mise à niveau des zones d’activités, le chef de l’Exécutif local a informé l’assistance que le besoin exprimé a été évalué à 4 milliards de dinars pour les anciennes zones, à 900 millions de dinars pour les zones de Fréha et Azazga qui totalisent une superficie de 100 ha et à 882 millions de dinars pour les nouvelle zones de Tizi-Ghennif et Draa El Mizan qui totalisent 44 ha, a-t-il indiqué, ajoutant qu’une demande de financement a été introduite par la wilaya auprès des services centraux compétents. En réponse aux préoccupations des investisseurs, le wali a observé que le but de cette rencontre avec les investisseurs est de prendre connaissance de leurs préoccupations et attentes afin d’y apporter des solutions et ce « afin que tous ensemble nous puissions aller de l’avant et conjuguer nos efforts au service du développement industriel et économique de notre wilaya », a-t-il dit Observant que les entreprises sont confrontées à différents défis, M. Chater a souligné que « la formation, l’amélioration de la compétitivité, la culture entrepreneuriale et l’innovation s’avèrent des conditions sine qua non pour garantir leur pérennité et constituer un véritable vecteur propulseur du développement local ».
Il a rassuré les présents que les pouvoirs publics « œuvrent à favoriser le climat des affaires à travers les différentes réalisations et programmes d’investissement et qu’ils demeurent disponibles et à l’écoute pour accompagner toute initiative visant la croissance économique, la création d’emplois et de richesses et encourager la promotion de l’investissement productif dans tous les secteurs d’activité en développant la sous-traitance pour atteindre des taux d’intégration appréciables, ce qui va nous soustraire progressivement de la dépendance aux hydrocarbures et réduire la facture des importations », a-t-il ajouté.