C’est l’euphorie du côté des enseignants contractuels qui, inlassablement, n’ont cessé de réclamer leur intégration directe dans les postes vacants. Après de longues années de lutte et de mobilisation, le président de la République a instruit de les titulariser immédiatement. Une décision qualifiée de stratégique par le ministère de l’Education nationale et vivement saluée par le partenaire social.

PAR MILINA KOUACI
L’importante décision de titulariser l’ensemble des enseignants contractuels du secteur de l’Education, 59 987 plus exactement a été sans équivoque favorablement accueillie par les syndicats du secteur. Pour assurer le suivi, l’encadrement et le contrôle de la mise en oeuvre efficace de cette opération, le ministère de l’Education nationale a installé une commission chargée de l’encadrement et du contrôle de la mise en oeuvre de la décision du président de la République et ce, au terme d’une conférence au siège du ministère à l’issue du Conseil des ministres en présence de cadres de l’administration centrale et des directeurs de l’éducation. Cette commission est présidée par l’Inspecteur général du ministère de l’Education nationale.
Le ministre de tutelle a d’ailleurs salué la «décision stratégique, importante et sage» prise par le président de la République, qui permettra d’apporter davantage de stabilité au secteur. Le ministre a souligné que les enseignants contractuels ont acquis une expérience suffisante du fait qu’ils ont travaillé avec le même titre pendant plusieurs années.
Pour assurer le bon déroulement de l’opération, la situation a été minutieusement examinée wilaya par wilaya. Belaabed a donné des instructions strictes pour mettre au point toutes les procédures et finaliser le processus d’intégration des enseignants contractuels concernés dans les plus brefs délais, avec un suivi immédiat via la plateforme numérique du secteur de l’éducation dans son volet relatif aux ressources humaines.
L’intégration des enseignants contractuels cette année était prévisible pour les syndicats enseignants, le ministre de l’Education ayant donné des instructions lors des conférences nationales consacrées à la préparation de la rentrée scolaire 2022/2023 de notifier et recenser les postes vacants dans les trois cycles pour assurer un meilleur encadrement aux élèves comme il avait enjoint pour le maintien autant que possible des enseignants recrutés sur la base de contrats au cours des années scolaires passées. Ces instructions étaient un indice pour la prise d’une décision qui satisfait les contractuels.

Les syndicats applaudissent
Sans surprise, plusieurs syndicats ont salué les décisions du Président de la République visant à améliorer les conditions socioprofessionnelles des enseignants et remédier au manque d’encadrement pédagogique, notamment, après le retour au système d’enseignement habituel. Les syndicats, notamment, enseignants, ont toujours plaidé pour l’organisation d’un concours externe de recrutement ou l’intégration des enseignants contractuels dans les postes vacants en raison des compétences acquises grâce aux années d’expérience professionnelle. Mais le ministère de l’Education et le Premier ministère étaient catégoriques. Ces deux départements se sont référés à plusieurs reprises à l’article 80 de l’Ordonnance 06-03 du 15 juin 2006 portant statut particulier général de la Fonction publique, ainsi qu’à l’article 22. Ce dernier stipule qu’un employé contractuel n’a pas le droit d’avoir le statut de fonctionnaire ni le droit de s’intégrer parmi les différentes catégories de la Fonction publique sans passer par un concours de recrutement.
Cependant, cette corporation, estimant qu’il était «insensé» de les soumettre à un concours de recrutement, avait sollicité l’intervention du président de la République pour leur intégration directe d’autant que la tutelle a toujours fait appel aux contractuels pour garantir une année pédagogique sereine. Voilà qui est fait et la satisfaction de cette revendication est saluée par les acteurs du secteur. «C’est une décision historique qui mettra fin à la souffrance des contractuels qui se sont accrochés à la revendication de l’intégration directe dans les postes vacants», estime Boudjemaa Chihoub, président de l’Organisation nationale des professeurs de l’éducation.
Cette catégorie, ajoute-t-il, a été toujours victime de «dépassements de certains responsables», a-t-il rappelé. Via cette décision, ces enseignants seront «protégés par la loi». Ce dernier appelle toutefois, le ministère à prendre en considération les enseignants dont le contrat n’a pas été renouvelé cette année, après des années d’exercice.
De son côté, le responsable de l’information et de la communication au Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE), Djahid Hirèche, a relevé avec satisfaction l’insertion des enseignants contractuels, assurant que cette démarche est en mesure de desserrer l’étau sur cette catégorie qui a plaidé à maintes reprises pour son insertion dans des postes stables. Pour sa part, le secrétaire général chargé de communication au Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l`éducation (Cnapeste), Messaoud Boudiba, a estimé que cette décision était «positive», notamment avec «leurs contributions au secteur depuis de longues années».
Dans le même contexte, il a appelé à l’impératif d’inclure dans cette décision «tous les contractuels, dont ceux dont les contrats n’ont pas été renouvelés».
De son côté, le secrétaire général du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement primaire (Snapep), Mohamed Hmidat, a salué les décisions prises au profit des enseignants et des professeurs, soulignant que «le rétablissement de leur position ne sera qu’enrichissant». Le même responsable syndical s’est dit optimiste quant à «la traduction de ces décisions sur le terrain, de façon à protéger l’enseignant et accorder à l’école sa juste valeur, étant un symbole du savoir et un vivier pour les générations futures».
Pour rappel, la dernière opération d’intégration remonte à 2011. Le ministère avait titularisé près de 18 000 enseignants dans les postes vacants. Il y a lieu de préciser que parmi les décision prises lors du Conseil des ministres figure également celle d’encourager les enseignants à accomplir leur devoir professionnel et à perfectionner le niveau de formation, tout en promouvant leur situation socioprofessionnelle, loin de toute exploitation et ce, pour préserver le caractère sacré de ce métier noble. Tebboune a ordonné également de veiller à l’évaluation continue de la nature des missions accomplies par l’enseignant en tant qu’éducateur et non en tant que fonctionnaire administratif, car étant porteur d’un message et chargé de la formation des générations. <