Depuis la disparition de Omar Nefsi (ex président de l’association les amis du mont Chenoua), la fête de Yennayer est devenue un non-événement aussi bien pour la population qu’au niveau officiel et n’a, hélas, plus son faste d’antan où on s’évertuait à créer une ambiance des grands jours.

La célébration du nouvel an berbère ressemble de plus en plus à une corvée dont veulent se débarrasser les responsables locaux de la culture qui s’incrustent dans la seule activité, répétée à l’identique ces six dernières années, qui consiste en l’organisation par l’annexe de l’ONCIC du Chenoua d’une exposition de tableaux de peinture avec les mêmes artistes locaux pour faire authentiques, les mêmes tableaux en plus d’une exposition d’artisanat d’une association de Koléa omniprésente dans tout événement. Pourtant chez les familles chenouies de la région de Tipasa, la célébration de Yennayer, le nouvel an berbère qui correspond à l’année 2967, est un rituel auquel on se consacre du 10 au 13 janvier de chaque année avec à la carte un menu spécial et une soirée où les personnages des contes et légendes fantastiques règnent en maître.
Le passage à la nouvelle année représente pour les habitants du Chenoua (Ichenouiyene) et des autres zones berbérophones de la wilaya, une date importante en ce sens que les familles se préparaient, avant, pendant toute une semaine, à partir du 1er janvier, en procédant au chaulage des maisons, et en parsemant les entrées de leurs demeures, la veille de la célébration, de diverses plantes récoltées sur place dans la forêt pour parfumer, d’une part, et éloigner les «ondes négatives» qui peuvent être liées à des maladies ou aux «mauvais esprits» errants, selon les croyances locales. D’autre part, ce rituel sert, également à fructifier le ménage et nettoyer les lieux en se préparant à sortir des longues nuits hivernales et sombres, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. C’est une fête familiale, par excellence, mais aussi celle des enfants qui reçoivent leurs petits paniers en osier plein de victuailles et de sucreries pour aborder symboliquement le nouvel an dans les meilleures conditions et la bombance.
Le passage à la nouvelle année est une fête ancestrale très importante témoignent quelques adeptes de cette date représentant la mémoire collective, même si on n’en connaît pas l’origine exacte, que l’on prépare une semaine à l’avance en particulier dans les zones rurales où les femmes procèdent au chaulage des maisons et à l’achat de nouveaux ustensiles de cuisine en terre cuite pour préparer leurs mets.
En ville les commerçants, pour qui la fête est une occasion pour faire bonne recette, se mettent aussi de la partie en plantant, plusieurs jours à l’avance, le décor offrant des étalages des meilleurs fruits oléagineux (noix, noisettes, amandes et autres cacahuètes) sans oublier les confiseries diverses et les paniers de fruits secs et frais qui créent une ambiance festive comme pour le Mawlid Ennabaoui.
Le Nouvel an berbère, célébré du 12 au 14 janvier 2017 qui correspond à l’année 2967, cette année, colle au calendrier berbère découpé en douze mois et est utilisé depuis l’Antiquité par les peuples d’Afrique du Nord (les Kabyles, les Chaouias, les Rifains, sans oublier les Touaregs…). Assegaz Amegaz.