La musique andalouse a été à l’honneur, en cette première semaine de la célébration du Mois du patrimoine, avec l’organisation de plusieurs concerts à la Maison de la culture de Koléa et au complexe Abdelwahab-Salim du Chenoua. L’autre événement intéressant, qui a marqué cette semaine, est l’arrivée d’une caravane culturelle organisée par l’Anep et la librairie Chaib Dzaïr qui a accompagné des jeunes venus à la découverte des vestiges de Tipasa, à savoir le parc archéologique, le musée et le Mausolée royal de Maurétanie, avant de faire une halte à la bibliothèque pour deux conférences.

La bibliothèque, qui vient d’être baptisée du nom d’Assia Djebar, a abrité le volet information sur le patrimoine du programme de la caravane culturelle avec les conférences de Zebda Dalila portant sur «La scénographie du musée de Tipasa» et « La préhistoire et le patrimoine à Tipasa» par l’historien Mohamed Ferhat, avant de clôturer la rencontre par la lecture de poèmes par Saliha Imekraz, extraits de son dernier livre « Paroles intérieures ». Une après-midi très instructive pour ceux qui s’intéressent à l’histoire de la région et ne manquent pas de faire un crochet par le petit musée de la ville qui, selon l’étude de Dalila Zebda, est un prototype d’une vision coloniale de la culture puisqu’on y trouve tous les ingrédients y afférents. L’oratrice dira d’emblée : «Lors de mon bref passage en tant que responsable au musée de Tipasa, j’avais, aussi, la charge d’accueillir les délégations et de leur donner un aperçu de l’histoire de la ville de Tipasa à travers le mobilier archéologique exposé. Je me rendis compte de l’existence de lacunes dans l’organisation des collections muséales. Des témoins et des artefacts archéologiques d’une civilisation donnée ont été privilégiés, ce qui a eu pour conséquence de donner une interprétation historique limitée. Pour elle, la thématique mise en avant dans le musée de Tipasa est axée principalement autour de la propagande du colonialisme, d’où découle une scénographie, incompatible avec la situation actuelle de l’Algérie souveraine. » Son intervention, très intéressante pour le visiteur lambda, a été axée sur des interrogations quant au « contexte de la construction du musée de Tipasa, sa scénographie et la lecture qu’on peut en faire et, enfin, sur les motifs de sa mise en place par ses concepteurs ». L’intervention de Ferhat Mohamed a mis en valeur les traces et vestiges de l’histoire préhistorique de la région qui sont dispersées et ont besoin d’être mises en valeur et répertoriées. Spécialiste de la préhistoire dans les régions du Sahel et du Sahara, Ferhat Mohamed a parlé de l’archéologie ancienne et des différentes découvertes dans la région, dont la dernière étude menée sur le site Sidi Saïd au niveau du jardin archéologique, dit Sainte-Salsa menée dans les années 1990 sous la direction de Betrouni et qui gagnerait à être publiée. Le Mois du patrimoine (18 avril au 18 mai) coïncide avec la Journée des monuments et des sites archéologiques, fêtée chaque 18 avril, et la Journée mondiale des musées, dont la célébration est organisée chaque 18 mai.