Organisée conjointement par le CNES et l’ENSM une journée d’étude portant sur «la prévention des risques majeurs et leur impact sur la vie économique sociale et environnementale» s’est tenue ce lundi à l’Ecole nationale supérieure de management de Koléa dans la wilaya de Tipasa. La rencontre, selon ses initiateurs, a pour objectif d’aborder la problématique des risques majeurs en Algérie «du point de vue sociologique, anthropologique, voire comportemental» afin d’appréhender le refus des citoyens à se plier aux mesures préventives pour faire face aux risques majeurs qui sont nombreux chez nous.
Un thème on ne peut d’actualité quand on sait que l’Algérie est confrontée à de nombreux risques naturels dont celui des feux de forêt qui a dominé l’été 2020, sans oublier les centaines de petits séismes qui ont touché la majorité des wilayas du pays concernés par la fragilité de la plaque tectonique. Un panel d’experts, spécialistes de ses questions, a animé, selon le responsable de la communication du Cnes, cette journée d’étude avec au programme des communications dont le thème est relatif au «civisme, un comportement salvateur face aux risques» , aux questions de «formation et de l’ information pour une meilleure gestion des risques», aux «progrès des sciences et des technologies dans la gouvernance pour une meilleure gestion des risques» sans oublier de se poser la fastidieuse question de «comment faire face aux risques pour réduire leurs impacts et améliorer la préparation aux catastrophes pour une meilleure résilience, tout en renforçant le rôle des parties prenantes dans la prévention des risques (société civile, bénévoles).
Les interventions, suivies de débat, seront axées sur l’analyse comportementale du phénomène de désintérêt du citoyen pour la prévention qui aboutira à une esquisse de propositions pour y remédier étant donné que ce sont des objectifs de ces rencontres du Cnes et de l’ENSM. Ces derniers veulent s’impliquer davantage dans la recherche de solutions aux problèmes du pays en analysant le comportement réticent du citoyen face aux différents programmes et ce dans une perspective de développement durable. La journée d’étude se propose de faire le point sur les dispositifs réglementaires relatifs aux risques majeurs et aux catastrophes avant d’entrer dans le vif du sujet qu’est la prévention de ces risques en impliquant les premiers concernés que sont les citoyens. La rencontre s’est déroulée en présence du délégué national aux risques majeurs entouré des professeurs Belazougui Mohamed du CGS, de Badrai Kheira sous-directrice à la Protection civile chargée de la gestion des risques majeurs. Il faut rappeler que l’Algérie s’est dotée, depuis 1985, d’une politique de prévention des risques majeurs et de gestion des catastrophes renforcée par la loi 04-20. Celle-ci constitue la base essentielle d’une politique portant sur l’amélioration de la connaissance des risques, le développement de l’information préventive, la prise en compte des risques dans la politique de développement et la mise en place de dispositifs de prise en charge des catastrophes d’origine naturelle ou technologique.
Malheureusement, il ressort des évaluations régulières faites que malgré des actions et programmes réalisés par de nombreux secteurs, il persiste toujours des faiblesses et des lacunes notamment en matière d’élaboration des textes exécutifs, d’études et de cartographies, de coordination des actions entreprises et dans le domaine de l’éducation et de la sensibilisation. Sur les 14 risques majeurs identifiés par l’ONU, 10 concernent l’Algérie, à savoir les séismes et risques géologiques, les inondations, les risques climatiques, les risques radiologiques et nucléaires, les feux de forêt, les risques industriels et énergétiques, les risques portant sur la santé humaine, ceux relatifs à la santé animale et végétale, les pollutions atmosphériques, telluriques, marines ou hydriques.
Ces quatre dernières années, l’Algérie s’est distinguée par un record de départs de feux qui ont détruit des dizaines de milliers d’hectares de forêt, ainsi qu’une recrudescence des événements climatiques extrêmes caractérisés par des pluies diluviennes et des orages violents survenant dans toutes les régions du pays et pendant toutes les saisons. Ce qui n’a pas été sans effets sur la perception de ces phénomènes, les analyses et les programmes d’actions et nécessite l’urgence d’une véritable prise en charge. C’est dans cet état d’esprit, et pour réaliser ces objectifs, que le Cnes et l’ENSM inscrivent leur journée d’étude et de réflexion sur un programme d’actions efficaces face à ces phénomènes naturels souvent dévastateurs. n