La solution pour le règlement de la crise financière qui touche l’EPE Tonic Industries et faire cesser le mouvement de grève déclenché depuis un mois, a-t-elle été trouvée hier au cours de la rencontre organisée au sein de l’entreprise, sise dans la zone industrielle de Bou Ismail.
Les responsables de l’entreprise, accompagnés de représentants du Conseil des participations de l’Etat, de l’inspection du travail et du directeur de l’industrie de la wilaya de Tipasa, se sont retrouvés, hier, pour faire le point de la situation financière et trouver une solution qui consisterait en l’injection de nouvelles ressources financières pour faire redémarrer les unités de production, à l’arrêt depuis plusieurs mois par manque d’approvisionnement, en raison de problèmes de trésorerie. Face à cette situation de blocage et devant l’avenir incertain de leur entreprise, les travailleurs n’ont pas trouvé d’autre solution que se mettre en grève illimitée, et ce depuis plus d’un mois, ce qui a incité les responsables à bouger pour sauver ce complexe papetier spécialisé dans les emballages et qui offre près de 3000 postes de travail. Ils étaient des centaines, ces derniers mois à manifester, chaque jour devant leurs lieux de travail, leur colère et leur désarroi car n’ayant pas reçu leurs salaires et s’inquiétant pour le devenir de leurs postes de travail, l’entreprise qui connaîssant des difficultés financières. Toutes les tentatives menées pour attirer l’attention sur leur situation en transmettant des rapports aux responsables concernés et lançant des alertes n’ont eu aucun retour d’écho d’où le recours à la protestation de rue pour être plus visibles et écoutés. « Nous ne protestons pas seulement pour les salaires non versés depuis des mois, dira le secrétaire général du syndicat, mais aussi pour le devenir de l’entreprise qui connait des difficultés de fonctionnement. Il y a des unités qui fonctionnent à 3% de leurs capacités actuellement, faute d’approvisionnements. Si cette situation devait perdurer, il n’est pas exclu que le recours à la compression du personnel soit la seule solution qui va impacter négativement la vie de centaines de familles qui vivent de ces salaires en ces moments de crise et d’insécurité.» En tant que partenaire social, le syndicat a expliqué qu’il avait signé une convention avec un plan de compression en cas de nécessité, mais qui débuterait à partir de septembre si aucune solution n’est trouvée pour faire fonctionner les unités à plein régime, ce qui sera probablement décidé à l’issue de la réunion. Le partenaire social est conscient que la situation de l’entreprise est devenue difficile et même si les approvisionnements étaient disponibles, en l’état actuel il serait impossible de garder le même nombre de travailleurs car l’entreprise travaillera à perte, d’où l’idée de ce plan négocié par les deux parties. Le représentant des travailleurs rappellera que la même situation a été vécue en 2017, année durant laquelle « un montant de plus de 1 milliard de DA a été débloqué pour faire redémarrer le complexe, mais cela n’a pas suffit car il ne faut pas oublier que Tonic Emballage est composée de centaines de travailleurs venus de 11 unités, qui ont fait fusion, et si on devait répartir cette somme entre les 11 entreprises, cela serait dérisoire et ne permettrait pas de mettre en route la machine ». En occupant le pavé et bloquant la route qui mène de Bou Ismaïl à Koléa, les travailleurs accompagnés des représentants syndicaux munis de banderoles, affichaient leur colère et surtout leur peur du lendemain. C’est un véritable plan de sauvetage de l’entreprise qui va être lancé et la compression du personnel est inéluctable, selon les prévisions de certains syndicalistes. Pour eux, des solutions existent pour peu qu’il y ait la volonté, car cette situation ne se justifie pas étant donné que l’entreprise dispose de marchés importants, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, mais faute de matières premières, celle-ci n’arrive pas à les satisfaire, plusieurs machines et autres équipements de dernière génération ainsi que des ateliers entiers sont à l’arrêt. Ce cri d’alarme des travailleurs sera-t-il entendu à l’issue de la rencontre d’autant que, pour eux, toute cette technologie, acquise à coups de milliards, risque de partir en fumée, si une solution d’urgence n’était pas trouvée pour réapprovisionner le complexe. L’entreprise qui active dans l’industrie manufacturière allant de la transformation du papier à la production du carton en passant par l’édition et l’impression, se place comme acteur majeur de la filière papetière de par son apport direct en produits d’emballages finis. Spécialisée dans la transformation (papier ouate pour les produits domestiques, papier pour carton ondulé et papier MG) elle dispose, aussi, d’une unité de recyclage de vieux papiers collectés par ses moyens propres et par un vaste réseau externe couvrant le territoire national. Elle emploie, aujourd’hui, 2 700 salariés environ (contre 4 000 à son ouverture) et produit plus de 320 000 tonnes/an tous articles confondus. L’activité récupération de papier, un sixième des 600 000 tonnes de papier représentant la consommation nationale annuelle, est prise en charge par l’entreprise ainsi que le recyclage. Elle est dotée de six unités, chacune spécialisée dans un créneau, à savoir la fabrication de papier, la transformation papier ouate (produits sanitaires et domestiques, papier hygiénique, essuie tout, papier mouchoirs, serviettes de tables), l’impression, le façonnage pour la fabrication de gobelets, la production des sacs de semoules, farines, cafés et les sacs shopping et celle destinée à la production de plateaux d’œufs.n