Les responsables de la Chambre d’agriculture sont mobilisés avec leurs collègues du commerce pour réitérer l’expérience des marchés de proximité durant le mois de Ramadhan pour contrer la spéculation sur les prix des fruits et légumes et autres viandes blanches qui ont, déjà, connu une courbe ascendante.

Pour ce faire, au moins une dizaine de marchés sont prévus dans chacune des 10 daïras de la wilaya de Tipasa, dont l’un dans la cité administrative du chef-lieu de wilaya et le second au niveau de la coopérative agricole de Fouka sont déjà fin prêts. L’expérience de ces marchés de solidarité, qui a débuté en 2015, a été fortement appréciée par les consommateurs qui peuvent s’approvisionner dans le cadre de cette opération dite «du producteur au consommateur», puisqu’il sont dédiés à la vente de divers produits de consommation dont les fruits, les légumes, les viandes blanches et autres produits laitiers directement du producteur au consommateur, c’est-à-dire sans aucun intermédiaire d’où leur succès. Plusieurs réunions ont regroupé les responsables de la Chambre d’agriculture, qui chapeautent l’opération, avec les services du commerce sous la houlette du Secrétaire général de la wilaya pour mettre au point toutes les modalités relatives à ces marchés et coordonner les contacts entre agriculteurs, éleveurs et commerçants de gros, qui bénéficieront de toutes les facilitations nécessaires en vue de la réussite de cette initiative. Ces espaces commerciaux seront ouverts au niveau des dix sièges de daïra de la wilaya et il est aussi prévu probablement trois autres marchés supplémentaires au niveau des communes de Cherchell, Hadjout et Koléa, afin de répondre à la demande plus importante, étant donné leur concentration démographique. Il faut rappeler que l’an dernier, plus d’une trentaine d’agriculteurs avaient répondu présent à la demande des responsables de la wilaya de vendre leurs produits au marché de proximité ouvert à Tipasa pour le mois de Ramadhan et qui a connu une très grande affluence. L’entrée du marché était, très tôt, prise d’assaut par des citoyens, en majorité des femmes, venus s’approvisionner à bas prix puisque les exposants avaient, carrément, cassé les prix en proposant de surcroît des fruits et légumes frais puisque acheminés directement de l’exploitation agricole. Certains fellahs présents sur les lieux, à l’image de Moutarfi Belarbi, grand producteur de pommes de terre de Bourkika, présent chaque année dans le marché de solidarité, a expliqué à Reporters que sa présence à ce marché de proximité, sa bonne action ramadhanesque, se justifie par son souci d’offrir son produit au prix réel à des familles aux faibles revenus au lieu de fructifier les portefeuilles des spéculateurs. A propos de spéculateurs, il ne manquera pas de nous expliquer que le produit agricole est «pris en charge» et revendu souvent trois à quatre fois plus, mais pas seulement par les mandataires, qui prennent des marges bénéficiaires exorbitantes. Il existe, selon lui, des spéculateurs qui sillonnent les régions agricoles et n’hésitent pas à arrêter un chargement en route pour l’acheter et bien sûr doubler, voire tripler son prix, avant de le proposer soit aux détaillants ou au marché de gros, ce qui explique la hausse des prix. Le marché de proximité, selon le responsable des services agricoles, présent sur les lieux, affiche chaque jour une nouvelle mercuriale qui est transmise par le marché de gros de Attatba, afin de coller au cours journalier qui fluctue avec une tendance à la baisse, selon la loi de l’offre et de la demande. Les responsables de la Chambre d’agriculture avaient entamé des discussions avec l’APC de Tipasa pour mettre à leur disposition l’espace commercial de la cité administrative pour organiser toute l’année des ventes des fruits et légumes du producteur aux consommateurs. Malgré les engagements de certains, rien n’a été fait à ce jour. A croire que cela dérange les édiles qui préfèrent soutenir les marchands de détail qui pratiquent des prix exorbitants toute l’année, ce qui est paradoxal pour une wilaya, première productrice de produits maraîchers et 3e en matière d’agrumes. Concernant le contrôle de la viande, la responsable de l’inspection a indiqué que 13 vétérinaires sont dédiés au contrôle de toutes les viandes et en particulier au niveau du petit marché Magtaa Kheira. n