Alors que les habitants de la cité des 200/Logements se réjouissaient de la bonne nouvelle
qui consistait en la rénovation des logements sociaux des cités OPGI, travaux d’étanchéité, nettoyage des vides sanitaires et ravalement des façades, une opération lancée en 2018, voilà que celle-ci est à l’arrêt net depuis cinq mois, et où deux rangées d’immeubles ont été ignorées.

En plus de la déception, le plus dur pour les locataires et copropriétaires de ces logements, c’est l’absence d’interlocuteurs pour connaître les raisons de cet arrêt ou la suspension des travaux, alors que l’enveloppe financière a été débloquée, chacun se renvoyant la balle, comme si dans cette wilaya P/APC, Chef de daïra et membres de l’exécutif de la Wilaya n’avaient aucun contact les uns avec les autres.
Alors un espoir est né pour les citoyens, qui ont contacté Reporters, à l’annonce de l’ouverture d’un registre de doléances qui leur est destiné, dont une copie doit être transmise chaque mois à la présidence de la République pour le suivi des problèmes des populations livrées à elles-mêmes. Toutes nos tentatives de joindre les responsables chargés de ce programme sont restées vaines, indiqueront à Reporters les citoyens qui espèrent la reprise rapide des travaux d’autant qu’un vent de civisme souffle sur la cité. En effet, des groupes de jeunes ont pris en main le nettoyage des espaces communs avec le projet de planter des arbres et autres actions d’embellissement.
Il faut rappeler que l’opération a débuté avant l’élection présidentielle à un rythme soutenu, puis elle s’est arrêtée brutalement sans explication. Une jeune entreprise s’est attelée à blanchir toutes les façades de la cité, bien que cette couleur trop salissante ne fût pas du goût de nombreux citoyens soucieux de la pérennité du résultat qui peut disparaître au premier lessivage de la pluie.
Confiée à la Direction de l’urbanisme, on apprendra qu’il ne s’agissait pas d’un programme d’amélioration urbaine, mais d’une opération lancée dans le cadre du chapitre 302/114 réservé à la taxe d’habitation dont le montant est récupéré par le Trésor. La Wilaya, en tant que gestionnaire, peut l’utiliser dans trois opérations majeures qui sont le ravalement des façades, la reprise de l’étanchéité et le nettoyage des vides sanitaires, un problème très important dont souffrent toutes les cités. Ce programme, qui va toucher toutes les communes où il existe des vieilles cités de logements sociaux, a commencé par les 50/Logements, avec la reprise de l’étanchéité dans sa totalité, car les immeubles souffraient de graves infiltrations d’eau, ainsi que les 18 logements du centre-ville. Les travaux devaient se poursuivre au niveau de la cité des 200/Logements, une des premières cités construites à la création de la wilaya.
Au niveau des 18 logements, la Directrice de l’urbanisme a pris une bonne initiative pour donner plus de vie à l’immeuble, en faisant appel à un artiste-peintre qui a réalisé une fresque sur les murs aveugles.
C’est une sorte de design, nous a-t-elle expliqué, non sans fierté et enthousiasme, avec des couleurs vives pour égayer un peu nos villes et leur donner un cachet artistique qu’elles méritent et ajouter à la beauté des paysages de la région.
L’opération de ravalement va se poursuivre dans d’autres immeubles et, en même temps, on attend la concrétisation de la promesse de nettoyer les vides sanitaires, une action très importante car elle va débarrasser les immeubles des rats, cafards et moustiques qui ont rendu la vie difficile aux citoyens, surtout en ces temps de Covid et d’infestation par le moustique tigre. Ce sera un travail colossal, car il faudra faire l’évacuation des eaux usées qui stagnent dans les vides sanitaires, refaire les canalisations qui sont toutes usées, obstruées ou carrément cassées. Ce ne sont pas tous les immeubles qui recevront les trois opérations, car cela dépend de la situation de chacun et de l’état des lieux qui a été fait avec l’aide de l’OPGI.
Le compte du Trésor, qui prend en charge l’opération, est alimenté régulièrement par la taxe d’habitation, ce qui va permettre de poursuivre les travaux jusqu’à toucher tous les immeubles vétustes.
Les responsables de la Wilaya ont préféré confier l’opération à la DUC, avec l’assistance de l’OPGI, puisque l’office connaît mieux l’état de ses immeubles. Ce dernier assiste la DUC lors des travaux, en particulier dans les actions touchant les vides sanitaires ainsi que pour le lancement des appels d’offres qui optent pour des entreprises de catégorie 2 spécialisées dans le bâtiment.
Interrogé sur la somme allouée à cette opération, la DUC indiquera que les travaux seront lancés en fonction du montant et de ce qui est versé dans le compte du Trésor et pour la ville de Tipasa. Il n’y a aucun problème, l’argent est là et suffit à toucher toutes les cités même certaines du programme LSP.
La directrice expliquera à Reporters que la taxe d’habitation, étant donné que les citoyens la payaient dans leurs factures d’électricité, était versée à l’OPGI et, il y a une période où elle était versée à la Direction de l’administration locale pour piloter des actions de rénovation et autres. Aujourd’hui, dans la majorité des wilayas, ce sont les DUC qui la gèrent, car ils ont plus d’expérience dans le domaine de l’habitat.
Avant 2018, la DAL gérait la cagnotte et a pu réaliser les colonnes montantes dans certaines cités qui en étaient dépourvues et, depuis 2018, c’est la DUC qui la gère. D’autres immeubles seront touchés à partir de 2020 jusqu’au parachèvement de tous les vieux immeubles dans les 28 communes.
Il faut rappeler que le ministère de l’Intérieur a été saisi pour ordonner aux walis de mettre à la disposition des citoyens des registres de doléances dans lesquels seront notées les revendications des citoyens et destinés à être exploités par la présidence de la République. La note précise que les walis doivent transmettre, au moins deux fois par mois, des copies de ces registres à la présidence de la République pour exploitation, ce qui permettra aux services du chef de l’Etat, qui a désigné un conseiller chargé des collectivités locales, d’entendre les doléances des citoyens. Lors de ses deux rencontres avec les walis, le chef de l’Etat a menacé de sévir contre ceux qui failliront à réaliser les programmes tracés. n