La pouponnière de Hadjout, qui prend en charge actuellement 18 bébés abandonnés, serait-elle menacée de fermeture comme cela a été le cas pour celle de Palm Beach à Staouéli fermée récemment sur ordre du ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition féminine ?

Ce sont du moins les appréhensions des gestionnaires et des berceuses de la pouponnière de Hadjout qui craignent que le couperet ne leur tombe sur la tête en raison de la situation abracadabrante que vit l’Association algérienne Enfance et famille d’accueil bénévole (AAEFAB) qui non seulement vit avec un bureau qui a perdu toute crédibilité et refuse de se soumettre aux décisions de l’assemblée générale de juillet 2015, qui a élu une nouvelle équipe dirigeante, présidée par Yasmine Boukadoum Kassab et un conseil d’administration suite au constat de carence de l’ancienne équipe.
Empêchée d’exercer et devant l’entêtement du bureau sortant qui continue de saborder le peu de crédibilité qui reste à cette association, dont la réputation a dépassé la frontière du pays puisqu’elle a reçu un prix de l’ONU, la nouvelle équipe a dû jeter l’éponge faute de recevoir une réponse du ministère de l’Intérieur qui fait la sourde oreille pour reconnaître le nouveau bureau. Les membres de l’association ont, en juillet 2015, dû faire appel au tribunal de Chéraga qui les a autorisés à tenir leur assemblée générale pour changer l’équipe dirigeante accusée « de gestion opaque » et d’avoir discrédité l’association qui a perdu la confiance aussi bien des pouvoirs publics que des donateurs qui ne se manifestent plus pour la soutenir.
L’AG extraordinaire, présidée par deux membres du conseil des sages en l’occurrence Ali Bahmane et Hocine Nia, a voté à l’unanimité pour le nouveau bureau et le conseil d’administration et appelé le bureau sortant à la sagesse et à se plier à la volonté de la majorité, dont l’unique souci est de réhabiliter l’association et de défendre les intérêts des enfants.
De plus l’AAEFAB n’est plus en mesure d’honorer ses engagements envers ses travailleurs qui n’ont pas perçu leurs salaires depuis plus de cinq mois et cumule une dette de plus de 5 milliards de centimes auprès de la Cnas et ne reçoit plus ni de subventions ni de dons tant ses gestionnaires ont été décrédibilisés.
Le nouveau bureau de l’association, qui a été élu en 2015 dans les règles et en présence d’un huissier, ne comprend pas le silence du ministère de l’Intérieur qui, jusqu’à ce jour, n’a pas répondu aux nombreuses demandes et démarches quant à l’obtention d’un récépissé. Les membres fondateurs et les amis de l’AAEFAB sont dans l’expectative et s’interrogent sur l’indifférence des pouvoirs publics face à cette situation qui va, à coût sûr, coûter la vie à une association très active en faveur de l’enfance abandonnée. Ils s’interrogent, par ailleurs, sur le sort du siège de l’association qui se trouvait à Palm Beach à Staoueli et qui a fait l’objet de fermeture suite à une visite inopinée de la ministre de la Solidarité nationale qui aurait constaté des problèmes de gestion et a dû transférer les 18 enfants qui y étaient placés dans des structures étatiques.
Affaire à suivre….