Le barrage de Boukourdane, situé dans la daïra de Sidi Amar, qui alimente de nombreuses communes de la wilaya en eau potable, est jonché de divers détritus et aurait pu bénéficier d’une opération de nettoyage ou de sensibilisation des organisateurs de la 6e édition des « Ports bleus ».

La 6e édition de la manifestation « Ports et barrages bleus », lancée en grande pompe sur l’esplanade du port de la commune de Tipasa par les autorités locales, entourées du monde associatif local, ressemblait plus à une kermesse qu’à une campagne de sensibilisation avec zorna et tutti quanti. Les organisateurs auraient pu être un peu mieux inspirés pour faire dans l’efficacité au lieu de ces campagnes de tapage et de dépense d’énergie inutile, alors que la situation laisse à désirer, ne serait-ce qu’au niveau du barrage de Boukourdane. Selon Djamel Bensaâda, un pêcheur de la commune de Cherchell, qui dispose d’une concession pour pêcher le poisson du barrage, la situation est problématique. Il en veut pour preuve ces déchets ménagers qui flottent à la surface sans que cela ne semble déranger quiconque en commençant par les responsables de l’Agence nationale des barrages et transfert (ANBT). La présence à la manifestation de Djamel Bensaâda, ce sympathique loup solitaire des mers, faisait fausse note au milieu de ce brouhaha, même si celle-ci n’était pas inutile puisqu’il était venu sensibiliser sur la consommation du poisson d’eau douce en organisant une opération de dégustation sur place. Djamel Bensaâda, qui a passé la soirée derrière ses fourneaux pour concocter plusieurs recettes de poissons d’eau douce, dont celui dit la grande bouche, en sauce, au four et frit, nous expliquera qu’il est présent à la demande du wali qu’il a rencontré lors de sa dernière visite du barrage de Boukourdane. Encouragé à faire connaître le poisson d’eau douce aux consommateurs, Djamel a beaucoup apprécié l’intérêt du chef de l’exécutif à cette activité de pêche d’eau douce qui lui a proposé de mettre à sa disposition un espace au niveau du barrage pour mettre en place un restaurant de dégustation destinés aux nombreux visiteurs qui fréquentent les abords du barrage devenu un espace de détente et de loisirs. Lors de sa conversation avec le wali, qui a rappelé que, durant sa jeunesse, il était lui-même amateur de pêche au niveau des barrages où il pêchait la carpe canadienne, il a fait part d’un projet d’investissement aux abords du barrage de Boukourdane dont l’étude est en voie d’achèvement. Concernant l’opération d’aménagement prévue de cet espace avec l’ANBT, le wali indiquera que les responsables de la wilaya ont tranché le projet qui sera mis en place sur le site qui consistera en de petits aménagements au lieu de la première étude, trop prétentieuse à son goût, qui consistait en l’injection d’un hôtel 5 étoiles qui aurait dénaturé le site. Lors de la présentation du projet, expliquera le wali, «cette vision d’un investissement haut de gamme a été rejetée. On a plutôt opté pour une variante simple d’où l’idée d’intégrer Djamel dans cet espace avec création d’un restaurant dédié aux recettes de poissons d’eau douce et des produits de l’aquaculture continentale». Le programme de la sixième édition de l’opération «Ports et barrages bleus », organisée sous le slogan «Agir ensemble pour une pêche diversifiée et une aquaculture durable » dans la wilaya, était celui proposé par le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche. Cette édition, comme les précédentes, vise à développer une pêche responsable et une aquaculture durable et à valoriser et intégrer des ports et activités de la pêche dans le développement socio-économique local. Elle vise, également, selon ses initiateurs, à promouvoir et à mettre en place des mesures de lutte contre les différentes formes de pollution dans les ports et les zones de pêche, un souhait loin d’être, hélas, atteint. Selon les responsables de la pêche, l’opération « Ports et barrages bleus » vise, aussi, à réunir les conditions de réussite des différentes campagnes de production halieutique, et pour cette édition à lancer la campagne de la sardine avec l’objectif d’atteindre plus de 5 000 tonnes, selon les prévisions de la Direction de la pêche et de l’aquaculture de la wilaya. Une production de plus de 5 000 tonnes de poissons pélagiques est attendue à Tipasa, au titre de cette campagne qui s’étalera jusqu’en octobre prochain, grâce à une flottille de 190 embarcations spécialisées dans la pêche à la sardine au niveau de ses cinq ports de pêche Bouharoun, Cherchell, Tipasa, Gouraya et Khemisti. La manifestation s’est articulée autour de trois axes dont celui relatif aux activités et animations sur les campagnes de production (lancement de la campagne de sardine, thon rouge), sur la présentation des activités de la pêche et de l’aquaculture et l’évaluation des infrastructures portuaires ainsi que des outils de production
Le deuxième axe a porté sur les activités et animations ayant trait à l’entretien et la préservation des milieux dans lesquels évoluent les professionnels de la pêche et de l’aquaculture, sans oublier la présentation des activités des associations de protection des milieux aquatiques, associations de pêcheurs artisans et nettoyage des infrastructures. Le volet animation, destiné au grand public, a été inclus dans ce programme en collaboration avec les secteurs du tourisme, de l’artisanat, des sports aquatiques et subaquatiques, du transport, de l’environnement, des ressources en eau sans oublier la direction de la jeunesse, des sports. Cette opération, qui intervient à la veille de la saison estivale, a également pour objectif de sensibiliser les citoyens sur la nécessité de préserver l’environnement à travers leur contribution à la propreté des plages et des abords des barrages qu’ils fréquentent lors de leurs sorties familiales.