Le laboratoire de dépistage du Covid-19, relevant de l’Institut Pasteur, est opérationnel depuis avant-hier mardi dans la wilaya de Tipasa, où il a été inauguré par le wali un mois après l’annonce faite par la directrice par intérim de la santé.

Installé au niveau du siège du Laboratoire d’hygiène de la wilaya, en raison des commodités qu’il présente en matière d’espace pour organiser un circuit de prélèvement pour détecter le virus, le laboratoire pourra, dès son lancement, prendre en charge 30 à 40 prélèvements par jour en attendant d’atteindre sa vitesse de croisière qui est de 80 contrôles/jour. Le laboratoire, doté de toutes les commodités et instruments de protection, est pris en charge par 6 médecins spécialistes en chimie microbiologie et en traumatologie, dont 3 volontaires de l’EPH Tipasa et de Hadjout qui reçoivent les cas suspectés d’être porteurs du virus transmis par les établissements de santé publique. Il faut rappeler que depuis le début de la pandémie, la wilaya de Tipasa a décidé d’affecter trois hôpitaux (Koléa, Sidi Ghilès et Nador) pour la prise en charge des cas suspects, tandis que les malades confirmés sont transférés à l’hôpital Tagzait-Abdelkader de Tipasa ainsi qu’au niveau d’une unité aménagée au service neurochirurgie de Cherchell pour une prise en charge médicale. Les prélèvements des cas suspectés d’être porteurs du virus corona étaient, jusque-là, envoyés à l’Institut Pasteur d’Alger qui transmettait les résultats 48 heures après en raison de la pression énorme qu’il subissait. L’ouverture du laboratoire de Tipasa permettra de prendre en charge toute la wilaya, en réduisant le temps de dépistage, mais aussi la pression sur l’IP de Sidi Fredj. Les équipements ont été installés et le personnel formé pour effectuer les analyses localement, ce qui représentera un gain de temps précieux puisque les résultats des analyses peuvent être prêts en 3 ou 4 heures, les prélèvements se faisant le matin de 8H à 12H et les résultats transmis en fin de journée, indiquera à Reporters le chef de service du laboratoire. Celui-ci précise que dans le processus de détection des cas, le prélèvement des échantillons, leur acheminement et leur analyse sont autant d’étapes importantes dans la riposte. Pour être efficace, le prélèvement des échantillons de laboratoire doit se faire dans des règles très strictes. Le test diagnostic consiste en un prélèvement qui se fait dans la gorge et dans le nez du cas suspect à l’aide d’un écouvillon, qui est une longue tige munie à son extrémité d’un morceau de coton ou de gaze. La technique est celle du RTPCR (Real Time Polymiral Chaine Réaction) à l’aide du thermocycleur, appareil d’origine allemande, qui fait la PCR. L’unité de biologie moléculaire, ou laboratoire de dépistage, est composée de quatre services, à savoir celui de la réception des échantillons, l’unité d’extraction, de préparation du mix (des réactifs) et enfin celle dédiée à l’amplification. Au-delà de ces tests, qui permettront d’identifier les porteurs du virus ainsi que leur entourage pour avoir des statistiques plus proches de la réalité de la propagation de la maladie et organiser la prévention, la question qui se pose avec acuité est celle du comportement abusif du citoyen. Son refus du port du masque et du respect des gestes barrières complètement ignorés par les citoyens est un véritable défi aux pouvoirs publics dans sa lutte pour limiter les dégâts de la pandémie. L’annonce du prolongement du confinement, faite avant-hier par le Premier ministre, a été accueillie avec soulagement par de nombreux citoyens conscients des dangers tandis que l’immense majorité se rebiffe contre les mesures de protection.
Quand l’indifférence la dispute à l’inconscience, voire à l’arrogance
Nombreux sont ceux qui appellent à faire un tapage médiatique et des contrôles tous azimuts dans les commerces, les administrations et les rues pour sensibiliser les citoyens à cette nécessité, qui est de porter un masque et de respecter la distanciation sociale qui a du mal à entrer dans les moeurs. Ce geste doit faire partie de notre comportement quotidien, car c’est l’unique et meilleur moyen de se protéger contre la propagation du virus, comme l’a indiqué le ministre de la Santé. « Il ne faut pas attendre que le masque soit obligatoire pour le porter. Le citoyen doit savoir que la situation n’est pas réglée définitivement et que le risque persiste toujours », a-t-il ajouté. « Si tout le monde porte un masque, même de confection artisanale ou fait à la maison, on parviendra, en peu de temps, à réduire la propagation du virus, voire l’éliminer totalement », a précisé encore le ministre, soulignant que le dispositif de riposte mis en place pour faire face à cette pandémie aura peu d’impact en l’absence de prise de conscience. Les commerçants autorisés à reprendre leurs activités ainsi que leurs employés sont tenus de respecter les mesures préventives, consistant en l’obligation du port des bavettes et de respecter la distanciation sociale. Malheureusement, cette mesure est loin d’être respectée dans la wilaya de Tipasa où l’indifférence la dispute à l’inconscience, voire même l’arrogance, de certains énergumènes qui croient que cela n’arrive qu’aux autres. L’ouverture du laboratoire de Tipasa, à l’instar de 21 autres wilayas qui ont été dotées d’unités de dépistage, vient compléter l’arsenal de prévention et de réduction de la pandémie ainsi que l’autre bonne nouvelle relative à la production de kits de tests rapides de détection du virus par notre pays. Il s’agit d’une coproduction entre une société jordanienne, une canadienne et une algérienne, à Alger, qui prévoit une production hebdomadaire de 200 000 unités de tests. Grace à ce test, il sera possible de faire un dépistage en seulement 15 minutes, même chez les cas positifs qui ne présentent pas des symptômes. Ce qui permettra une bonne couverture du pays et réduira la dépendance à l’importation qui prend du temps. Grâce à cette acquisition, l’Algérie sera le premier pays maghrébin et le deuxième au niveau du continent, après l’Afrique du Sud, à produire ce type de test. Parallèlement à ce travail de dépistage, les services de la wilaya ont annoncé le lancement de la seconde opération de désinfection des lieux et établissements publics. Dans le cadre des mesures de lutte contre la pandémie, les responsables de la wilaya de Tipasa vont reprendre les opérations de désinfection au niveau de plusieurs établissements et espaces publics, organisées sous la houlette de la direction de l’hydraulique. De nombreuses communes, sur les 28 que compte la wilaya, ont été renforcées en moyens de lutte contre cette pandémie qui connaît un développement exponentiel des malades avec chaque jour une dizaine de cas en plus, même si le nombre de décès ne suit pas la même courbe. Les opérations de désinfection à travers tous les lieux publics afin de préserver la santé de la population sont programmées pour toute la semaine. Tous les moyens humains et matériels dont dispose la wilaya sont mobilisés pour que cette action de santé publique ne souffre d’aucune insuffisance. Ainsi, ces équipements et le produit de désinfection, notamment l’eau de javel, sont mis à la disposition des équipes chargées de ces opérations pour contrer l’épidémie. Ces mesures de prévention toucheront, également, les différents services des APC qui feront l’objet de désinfection grâce à la mobilisation citoyenne pour garantir de meilleures conditions d’hygiène, préserver la vie des citoyens qui doivent être conscients des risques qui les guettent. Le citoyen reste l’élément principal dans cette bataille contre le Covid19 et doit s’impliquer dans ces efforts d’éradication des risques de propagation de cette pandémie en respectant scrupuleusement les mesures de prévention et recommandations émises par les instances concernées. De nombreux citoyens rencontrés préconisent que les responsables des secteurs de l’éducation, de la formation professionnels et de la jeunesse et des sports, entament, dès maintenant, la désinfection systématique de leurs établissements qui resteront fermés, au lieu d’attendre la rentrée qui risque de bousculer tout le monde et se faire de manière anarchique, inopérante et dans la précipitation. Ils proposent, par ailleurs, que le nettoyage et désinfection des espaces publics se fasse pendant les heures de couvre-feu pour éviter d’éclabousser les gens, les marchandises exposées dehors et toucher tous les endroits inaccessibles ou peuvent se nicher toutes sortes de virus et autres moustiques, cafards et mouches. n