La livraison du tronçon Hamdania/Sidi Ghilès de la voie express est « la priorité des priorités », selon les propos du wali Mohamed Bouchemma tenus lors du premier conseil de wilaya consacré aux dossiers des travaux publics et de la saison estivale. Appelant les responsables du secteur à assurer un suivi rigoureux du chantier, afin que les délais de livraison prévus pour la fin du mois de novembre soient scrupuleusement respectés, le wali n’a pas manqué de rappeler que l’ouverture de ce couloir de 17 km, très attendu par les riverains et les usagers de la route menant vers la partie ouest de la wilaya, va beaucoup soulager le trafic dans cette zone où la RN 11 est saturée surtout en période estivale.

Lors de la visite du chantier, les responsables de l’entreprise chinoise CSCEC se sont engagés à livrer les six ouvrages d’art de ce tronçon qui va permettre de réaliser le contournement de la ville de Cherchell pour aboutir à la sortie ouest de la commune de Sidi Ghilès, encombrée toute l’année par l’intense trafic routier qui se dirige vers la partie ouest de la wilaya et les wilayas limitrophes. La livraison des six viaducs, prévue pour le début de l’année 2019, permettra de mettre en service l’ensemble du tronçon de 17 km du contournement qui épargnera aux automobilistes les nombreux désagréments. La fluidité de la circulation sur la RN 11 dans cette partie ouest de la wilaya ne sera réglée, définitivement, qu’une fois que la voie express arrivera à Damous, ce qui ne semble pas encore réalisable étant donné l’absence de couverture financière de ce projet réalisé en tranches. Un des six viaducs qui enjambe la zone agricole de la vallée dite d’Aizer, offrant un joli panorama aux visiteurs de passage dans la zone, repose sur 13 piliers dont la hauteur varie entre 90 et 25 m. Selon les responsables de la direction des travaux publics, cet ouvrage d’art a nécessité l’installation de 168 poutres de 183 tonnes chacune pour stabiliser la route. Selon le même responsable du secteur, les ouvriers chinois et leurs homologues algériens dont certains venus en renfort de Médéa, ont dû creuser jusqu’à 30 m pour couler les pieux de ce viaduc qui a nécessité un travail titanesque dans cette région fortement accidentée. Le coût de ce premier viaduc est estimé à 3 500 milliards de centimes alors que le coût total du tronçon de 17 km avait été arrêté à 2 200 milliards de centimes au moment de son lancement.

Réévaluation importante
Le projet du contournement des deux localités côtières a enregistré un énorme retard et des glissements dans les délais, à l’origine d’une réévaluation importante par rapport au montant prévu lors de son lancement. Selon les engagements des responsables de l’entreprise chinoise, le projet sera opérationnel au début de 2019, car en plus des autres ouvrages d’art tous achevés, il reste à réaliser les voies pénétrantes, ce qui ne semble pas une mince affaire. Il faut signaler que 8 km sur les 17 prévus sur ce tronçon sont déjà livrés depuis l’an dernier mais ne semblent pas beaucoup satisfaire les automobilistes qui le boudent car trop long selon eux. Situé en rase campagne, il débouche de surcroît en plein centre-ville, ce qui ne règle pas le problème d’embouteillage. En plus du relief difficile d’accès, un autre facteur et non des moindres a, quelque peu entravé le déroulement des travaux avec l’annonce de la crise économique qui a pointé son nez remettant en question une partie ou le gel de quelques projets du programme de développement local. Prévu pour un délai de 24 mois, le projet a été confié de gré à gré à des entreprises de renom qui doivent veiller à réduire ce délai. En plus de l’apport aux populations vivant dans la région, aux estivants qui déferlent par millions en été, le projet sera d’un grand intérêt pour les ports de la wilaya et surtout le port commercial d’El Hamdania. Ils seront reliés à la voie express facilitant ainsi le trafic routier et le transport des marchandises tout en desservant la zone de l’Académie militaire et en assurant la continuité de la rocade sud d’Alger vers Tipasa et la wilaya de Chlef. Le directeur des transports, en présentant son secteur, n’a pas manqué de signaler qu’il a eu la part du lion avec une enveloppe allouée à la wilaya, de 2010 à 2018, de pas moins de 89 milliards DA qui ont permis de lancer 98 projets. Ces derniers ont consisté en des réalisations de nouveaux tronçons, de mise à niveau et de modernisation aussi bien des routes nationales (RN), chemins de wilaya (CW) que de chemins vicinaux (CV) qui ont permis de mettre fin à l’isolement de nombreuses régions rurales et montagneuses et d’améliorer la vie dans les centres urbains. Selon le directeur des travaux publics Bouazgui Mohamed, le réseau est constitué de 1 710 km, dont 316 km de routes nationales 70 km de voie expresse, 265 km de CW et 1 129 km de CV sans oublier les 5 ports de pêche qui ont, tous, bénéficié, soit d’opérations d’extension, d’aménagement ou encore de dragage. Pour la seule année 2014, précisera-t-il, la wilaya a profité d’une enveloppe de 5 milliards DA pour lancer 39 opérations d’entretien des routes et 15 autres destinées aux infrastructures portuaires et ce dans le cadre du programme complémentaire de soutien au développement économique.

Port commercial d’El Hamdania : fouilles, indemnisations et évaluations
Plusieurs opérations ont, par la suite, crise économique oblige, été gelées. Ce qui fera dire au wali qu’il s’agit seulement de projets reportés et non pas annulés comme l’entendent certains édiles. Pratiquement, l’ensemble du programme, selon le responsable, est achevé. Il reste, maintenant, à améliorer le réseau à l’intérieur des villes qui laisse à désirer. Ces opérations ont consisté, entre autres, en le renforcement et la modernisation de la RN 42 A de Hadjout à la limite de la wilaya, de la RN 66, de la RN 69 sur 15 km, le lancement de l’étude de la continuité de la voie express vers Damous (différé pour le moment), celle du dédoublement de la RN 67 et surtout le renforcement des CW 106, 57, 109, 103 et 40. Les efforts doivent se concentrer sur le tronçon de la voie express qui s’étend sur 17 km qui traversent les hauteurs de la ville de Cherchell avec 3 échangeurs et 6 viaducs, non sans poser quelques difficultés aux Chinois qui ont en charge le projet. Lors de la présentation de la vidéo retraçant le parcours du tronçon Hamdania/Sidi Ghilès, le wali ne manquera pas de souhaiter que le projet, une fois livré, ressemble à celui projeté en 3D, tout en relevant une anomalie concernant l’éclairage public qui n’est pas compris dans le projet, alors qu’il est signalé dans la vidéo, tout en insistant sur la plantation d’arbres sur les talus et les bas-côtés qui aurait due déjà être entamée, sans oublier le lancement des travaux des aires de repos. L’autre question abordée est celle relative à la voie ferrée qui va être réalisée dans le cadre du projet du port commercial d’El Hamdania ainsi que celles des zones industrielles qui vont accompagner ce colosse des mers, qui vient d’achever la reprise de l’étude et lancé des fouilles archéologiques dans la zone avant le lancement des travaux. Pour le directeur des domaines, toutes les démarches, indemnisations et évaluations sont achevées et transmises à la Drag ainsi qu’à la DTP mais il reste à définir les lieux d’accompagnement, à savoir les trois gares de payage, les trois échangeurs ainsi que les aires de services. Le wali insistera, de son côté, sur le choix de terrain pour l’installation de postes de gendarmerie dans la zone pour sa sécurisation. Concernant les infrastructures portuaires, en plus de l’adaptation du port de Gouraya et du parachèvement de la protection et de l’aménagement du port de Cherchell, les responsables de la DTP ont, également, réalisé le dragage du port de pêche de Khemisti ainsi que la protection du rivage d’Aïn Tagourait, Hadjret Ennous, Khemisti, Fouka, Gouraya et Cherchell. La présentation du secteur s’est achevée par le recensement des projets en cours, dont le tronçon de l’Autoroute Est-Ouest, le lancement de l’étude du dernier tronçon de la voie express Sidi Ghilès/Damous, le dédoublement de la RN 67, de la RN 42 (Nador-Hadjout) et la modernisation du CW 14 reliant Tipasa à Aïn Defla. Ce qui fera dire au wali qu’il est inutile de tous les citer mais de parler de ceux couverts financièrement en attendant des jours meilleurs.
Le débat qui a suivi la présentation du dossier a tourné autour des éternels problèmes, à savoir l’amélioration des liaisons intercommunales, le casse-tête de la remise en état des routes après les travaux d’intervention des agents de Sonelgaz, d’Algérie Télécom et d’autres entreprises du service public, le problème des intempéries qui ont dégradé de nombreux tronçons surtout en zone montagneuse. En clôturant le dossier, le wali proposera aux P/APC de signer des conventions avec l’Epic Tipasa Propreté et espaces verts pour la réfection des routes à l’intérieur des communes et en finir avec le triste spectacle de ces routes endommagées qui posent, en plus, des problèmes de sécurité à ses usagers.