L’inspection régionale du commerce d’Ahmer El Aïn, à sa tête Rabah Laribi, a pris l’heureuse initiative de proposer à la discussion la question des ventes réglementées en insistant sur les soldes. Un sujet qui intéresse le grand public et ce au cours d’une journée d’information et de sensibilisation qui a permis de connaître les règles de cette activité commerciale qui se déroule deux fois l’an.

Organisée dans la salle de la bibliothèque de lecture publique de Tipasa, en présence des responsables de la Chambre de commerce et d’industrie Chenoua (CCIC), de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), de nombreux industriels, commerçants et autres opérateurs économiques, cette journée a permis aux organisateurs de décortiquer les différentes formes de ventes réglementées dont le but est d’empêcher le monopole et qui gagneraient à être connues d’autant plus qu’un décret réglemente et encadre l’activité commerciale et industrielle. Les animateurs de cette journée expliqueront, d’emblée, à travers l’arsenal juridique, que les soldes, les ventes promotionnelles, les liquidations, les ventes au déballage et les magasins ou dépôts d’usine sont encadrés par les dispositions du code de commerce, afin de garantir l’exercice d’une concurrence loyale entre les commerçants et assurer la protection du consommateur. Kamel Rezig, universitaire spécialisé dans les questions commerciales a, de son côté, décortiqué la question et insisté sur l’apport de ces ventes réglementées pour les pouvoirs publics qui peuvent ainsi dynamiser le marché et de connaitre leur impact sur l’économie nationale.
Deux cadres de l’inspection régionale ont évoqué les instructions de la tutelle quant à l’organisation de ces journées d’information pour mieux sensibiliser les commerçants sur les modalités d’organisation des soldes sur la base du décret de 2006, qui obéissent à des règles et dispositions strictes, expliqueront-ils, sous peine de sanctions sévères, allant jusqu’à la fermeture du commerce. On apprendra que les ventes promotionnelles, par exemple, sont différentes des soldes, en ce sens qu’elles peuvent être organisées tout au long de l’année. Les travaux de la journée ont été axés sur les soldes qui sont clairement définies comme étant des ventes en détail, accompagnées ou précédées de publicité, et annoncées par une réduction des prix et ce, bien sûr, dans le but d’écouler des marchandises en stock, diront les orateurs. Celles-ci se déroulent deux fois par an, à savoir en été et en hiver, pour une durée de six semaines, ce qui n’empêche pas l’agent économique de les arrêter avant la fin de la durée fixée. Les conditions de vente en solde sont l’autre point qui a retenu l’attention des participants, à savoir que la marchandise proposée au rabais ne peut porter que sur les produits ayant plus de trois mois de dépôt chez l’agent commercial. Ce qui fera dire à un représentant de l’association des consommateurs qu’il est difficile de vérifier cela étant donné la situation « incontrôlable » du marché en Algérie. L’autre interrogation des participants avait trait à la véracité des prix des produits proposés en solde en l’absence de contrôle régulier, même si ceux-ci sont exposés de manière explicite, c’est-à-dire séparément des autres produits, dans le magasin afin d’être identifiés comme tels. Concernant ce point, expliqueront les orateurs, il faut rappeler que l’agent économique doit déposer une déclaration auprès de la direction du commerce de son lieu d’implantation, accompagnée de divers documents dont la liste et les quantités de biens proposés aux soldes ainsi qu’un état reprenant les réductions de prix proposés et ceux des prix appliqués avant cette opération.
Dynamiser le tissu économique et stimuler
la concurrence
Les sanctions sont prévues si l’agent ne corrige pas dans les trois jours ayant suivi la plainte ou le constat. Autrement dit, encore une fois, c’est aux consommateurs d’être vigilants et de signaler, en cas de besoin, à la direction du commerce les infractions constatées. En plus du consommateur, qui bénéficie de rabais des prix sur divers produits, ce qui permet d’améliorer son pouvoir d’achat, l’universitaire a parlé de l’apport des soldes sur le plan économique puisqu’elles permettent de dynamiser le tissu économique, de stimuler la concurrence loyale et par-delà la créativité, liquider les stocks démodés pour en acquérir de nouveaux, de fidéliser les consommateurs etc. L’Etat y gagne, aussi, précisera-t-il, en ce sens qu’un marché dynamique peut être d’un apport certain pour exporter et sortir de la dépendance aux hydrocarbures à l’exemple de ce qui s’est fait aux Emirats arabes unis qui ont renversé la tendance avec une économie basée sur le tourisme, les festivals et autres industries locales. Les autres types de ventes réglementées ont, elles aussi, été citées par les inspecteurs du commerce, à savoir les ventes au magasin usine, les ventes au déballage, les liquidations qui sont des ventes accompagnées ou précédées de publicité et annoncées comme tendant, « par une réduction de prix, à l’écoulement accéléré de la totalité ou d’une partie des marchandises d’un établissement commercial à la suite d’une décision de cessation, quelle qu’en soit la cause, de suspension saisonnière ou de changement d’activité ou de modification substantielle des conditions d’exploitation ».
Ces ventes sont, elles aussi, soumises à déclaration préalable des responsables du commerce Les ventes au déballage sont des ventes de marchandises effectuées dans des locaux ou sur des emplacements non destinés à la vente de ces marchandises. Elles ne peuvent excéder deux mois par année dans un même local ou sur un même emplacement. Les vide-greniers et les ventes sur les parkings des grandes surfaces, activités très prisées dans des pays étrangers, entrent dans cette catégorie et sont, elles aussi, soumises à déclaration préalable. Les ventes de « magasin ou de dépôt d’usine » est une dénomination destinée aux producteurs qui vendent directement au public, la partie de leur production non écoulée dans les circuits de distribution ou faisant l’objet de retour.
La journée a pris fin par un débat qui a soulevé certains problèmes dont l’absence d’étiquetage de certains produits, la faiblesse de la production nationale qui n’entre pas dans la logique du rabais qui touche, en général, les excédents, la faiblesse du pouvoir d’achat du citoyen lambda, l’affichage de faux prix et autres triches constatées sur le terrain, ce qui fera dira à un participant qu’il n’a jamais fait d’affaires avec les soldes en Algérie.