Les dernières pluies qui se sont abattues sur la wilaya de Tipasa ont été bénéfiques à plus d’un titre en arrosant généreusement les terres et remplissant les barrages et autres points d’eau, mais le paradoxe ce sont les nombreuses coupures de l’alimentation en eau potable.

Ces perturbations, qualifiées par les citoyens d’incompréhensibles, n’ont, la plupart du temps, pas été annoncées et encore moins signalées par un communiqué de la Seaal (Société des eaux et de l’assainissement d’Alger) qui le fait ces derniers temps de manière aléatoire, ce qui aurait permis aux consommateurs de prendre leurs dispositions et ne pas se laisser surprendre par la coupure. De nombreux citoyens s’interrogent, par ailleurs, sur les nombreux arrêts intempestifs de la Station de dessalement de l’eau de mer (SDEM) de Fouka annoncés quelquefois comme étant normaux puisqu’ils permettent de faire l’entretien de celle-ci plusieurs jours, alors que d’aucuns se demandent pourquoi cette dernière ne peut pas stocker de l’eau avant l’arrêt de la station ce qui allégerait quelque peu la charge sur les abonnés. La station de dessalement d’eau de mer de Fouka, après un arrêt d’une semaine, a repris, progressivement ce week-end son activité après un arrêt de production survenu à cause des intempéries enregistrées dans la wilaya. La Seaal avait annoncé une perturbation dans la distribution d’eau potable dans les communes de l’est de Tipasa (Koléa, Fouka, Douaouda, Khemisti, Bou Ismaïl et Aïn Tagourait) à cause d’un arrêt d’activité temporaire survenu à la station de dessalement de Fouka «dû à la dégradation de la qualité de l’eau de mer suite aux intempéries». La station a repris son activité partiellement, son volume de production actuel est de 20 000 à 30 000 m3 d’eau en attendant d’atteindre progressivement sa capacité estimée à 120 000 m3/j. La Seaal a, néanmoins, rassuré ses clients des localités affectées par cette coupure d’eau, en s’engageant à les approvisionner dès le remplissage du réservoir Mouaz de Koléa (35 000 m3). La station a été arrêtée exprès afin de la protéger des aléas climatiques qui ont ramené de grandes quantités de boue au niveau de la mer ce qui risquait de perturber les circuits, le collecteur et la prise d’eau. Résultat de cet arrêt : des coupures et des privations d’eau qui ont affecté plus de 20 communes, dont une dizaine de la wilaya d’Alger et le reste de la partie Est et Centre de la wilaya de Tipasa. Selon les services de l’hydraulique, le barrage de Kef Eddir a fait le plein avec un taux de remplissage de 95% qui, malheureusement, ne profitera pas encore aux habitants puisque le réseau de branchement n’est pas encore installé. Un appel d’offres vient d’être lancé pour réaliser 125 km de canalisations, en plus d’une station de traitement des eaux ainsi que 22 réservoirs. Le barrage de Boukourdane est lui aussi bien rempli à 50% (sur une capacité totale théorique de 90 000 m3), mais les responsables sont obligés de contrôler le remplissage, voire même de provoquer des lâchages pour éviter aux familles installées aux abords du barrage d’être inondées.
La présence de ces familles aux abords du barrage est incompréhensible d’autant qu’une centaine d’entre elles ont été dédommagées pour être déplacées, il y a plus d’une décennie, sur un site qui leur a été dédié. D’autres personnes n’ont pas hésité à se réinstaller sur le même site ce qui a ramené le problème au point de départ. Le barrage de Bouroumi, situé dans la wilaya de Blida et qui dessert Tipasa pour l’agriculture et Alger, a atteint un taux de remplissage de 40% grâce aux dernières pluies ce qui est considéré comme satisfaisant et mettra fin aux appréhensions des fellahs qui ont souffert d’un très grand déficit en eau en particulier dans la partie Ouest de la Mitidja.